L'association Les Amis de Leo Drouyn vous invite à découvrir dans de conviviales rencontres, sur les pas de l'artiste archéologue du XIXe siècle, le patrimoine girondin, ses richesses architecturales, artistiques, ses paysages et son terroir...

jeudi 25 octobre 2012

Lignan-de-Bordeaux le 16 Septembre 2012 - Compte-rendu


Final de la Fête à Léo 2012
Une vie de château du côté de Lignan-de-Bordeaux
Dimanche 16 septembre

Cliquer ici pour voir la Sortie



Pour le final de la Fête à Léo nous avons eu droit en matinée aux visites de châteaux exceptionnellement ouverts pour notre plus grand plaisir et étonnement grâce à l’amabilité de leurs propriétaires sollicités  par nos hôtes du jour. L’après midi fut consacrée à des lectures de paysage étonnantes vues dans la vallée de la Pimpine. Le beau temps nous a honoré de sa présence pour le plus grand plaisir des 180 marcheurs ayant répondu à l’invitation du jour.

L’église de Lignan :
Au IIIième siècle après la première invasion Vandale vers 276, il y aurait eu la construction
de la première église sur l’emplacement actuel de l’ouvrage. Un vestige de mur en petit appareil (mur de moellons de petite taille). En 408 elle sera détruite par l’invasion Normande. Construction d’un second édifice après l’invasion musulmane (732). Cependant, les Normands envahissent, à nouveau, notre région et brûlent Bordeaux et ses environs au cours des années 845-848.
Vers 1090, des lignanais construisent un monastère qu’ils baptisèrent par dérision « La Galoche » faisant allusion aux chaussures des moines. En 1111 ces moines débutèrent la construction de l’église actuelle et y organisent un prieuré sous l’égide d’une abbaye bénédictine Sainte Croix de Bordeaux. Louis VII le Capétien leur concède des terres et des forêts. En 1176, l’archevêque Guillaume de Tabanac donne l’église au Chapitre de St André. Au milieu du XIIième siècle le prieuré a pris peu d’extension. L’église qui été destinée à devenir une abbaye devient simplement paroissiale au cours du XIIIième siècle. En 1398 l’église est déjà dédiée à Sainte Eulalie. La restauration de la chapelle de la vierge se fait en 1635. Ensuite les renseignements se raréfient. Au milieu du XVIIIième siècle le compte rendu d’une visite épiscopale permet de savoir que la nef n’est toujours pas voûtée. Elle l’aurait été au cours des restaurations de 1857-58 par remplacement du couvert en lambris. Entre temps l’église est désaffectée pendant la Révolution en 1789 et la maison curiale vendue comme bien national. En 1847 Léo Drouyn dessine une vue de la nef. De 1859 à 1861, construction du clocher actuel. L’autel principal fut restauré en 1862 et la flèche du clocher le fut en 1869 après avoir essuyé un ouragan. De nombreuses réparations furent entreprises régulièrement afin d’assurer une pérennité à cet édifice.
Droit de Litre : Etait exercé par un seigneur sur une église pour les mariages et enterrements de sa famille. La litre funéraire était une bande noire que l’on tendait ou peignait  pour les obsèques du seigneur et qui portait ses armoiries.
Droit de banc: Droit exclusif  réservé à un notable ou seigneur l’autorisant à posséder un banc à l’église. Il était interdit sous peine d’amende d’occuper, déplacer ce dernier.
Droit de sépulture : c’est le droit accordé par l’église à des seigneurs locaux de disposer d’une sépulture dans l’église même afin d’être plus proche des reliques si l’édifice en contient. C’était en récompense de leurs vertus et de leur charité.
Au XIIième siècle, sur un site déjà occupé par une église primitive, on élève un chevet, une église romane avec trois absides en hémicycle qui s’ouvre sur un transept et qui devait initialement comporter trois nefs. En fait, une seule nef  sera réalisée. Elle se termine par un portail simple composé de trois voussures en plein cintre. Le clocher néogothique est adossé à la façade orientale.
L’église de Lignan possède  une statut de la Vierge à l’enfant en bois doré du XIXième siècle, une statue en albâtre anglais du XVième siècle rénovée et un tabernacle en bois doré du XVIIième siècle. L’ensemble de ces pièces est inscrit à l’inventaire des monuments historiques.

Château Seguin : Il est bâti sur les fondations d’un château appartenant à un comte carolingien qui se serait nommé Seguin. C’est un château qui a souffert de l’invasion Normande. Il fut détruit puis reconstruit au 18ième siècle. Il a été modifié au 19ième siècle.
Une partie de l’ancien château et du château du 19ième cohabitent avec bonheur autour d’une cour en forme de « u ». Cette une charmante demeure.
C’est un domaine viticole appartenant à la famille Carl implantée sur Bordeaux depuis 1973. Cette dernière produit du vin rouge en AOC Bordeaux supérieur.

Château Grand-Verdus : L’histoire de ce château commencerait au 16ième siècle (1579) durant la Renaissance. Il fut fortifié dès sa création. Un vieux vieil édifice existait sur ce site mais fut détruit pendant la Révolution. Le château actuel fait l’objet d’une restauration fine. Présences de fenêtres à meneaux, de tuiles à crochets, d’arêtiers à secs dont l’ensemble rappelle une forte influence périgourdine. Les étangs présents à proximité du château assuraient le drainage des vignes. Des canalisations en terre cuite très anciennes ont été retrouvées dans les vignes.
C’est encore une belle bâtisse, imposante et majestueuse.
En 1810 la famille Le Grix de la Salle en fait l’acquisition et transforme la propriété en domaine viticole. En 1973, la production du château est vendue sous l’étiquette « Château Le Grand-Verdus ». Une année plus tard le château est classé aux Monuments Historiques à l’inventaire supplémentaire. La propriété produit du rouge en Bordeaux supérieur, des Bordeaux blanc et rosé sur 97 hectares.

Château l’Isle-Fort : C’est un véritable bijou Renaissance lové au cœur de vallons calcaires  de bois et de petits lacs dessinés pour la pêche. Les murs de la propriété ont accueilli le roi Henri IV. Les premières traces de cette propriété dateraient de 1540. A cette époque, une tour aurait été érigée sur ce lieu à des fins de surveillance militaire. Cette maison forte du XVIième siècle remaniée en 1608 selon une architecture caractéristique des constructions du début de ce siècle. A la tour militaire va s’ajouter petit à petit des agrandissements visant à faire de ce lieu privilégié une résidence. La construction a été mutilée au XIXième siècle avec les suppressions du pont-levis, de l’enceinte et de la basse-cour. Léo Drouyn a laissé  un dessin de l’entrée du château (entrée non visible actuellement car privée). Au XIXième siècle, une chapelle de style néo-gothique est venue rejoindre l’ensemble de la bâtisse. Les douves pleines d’eau confèrent à la bâtisse un romantisme auquel les visiteurs du jour n’ont pas manqué d’être sensibles.
Vin bio plébiscité par la revue « Cuisine et Vin ». Depuis 2000, le vignoble (7.5 hectares de vigne) a été restructuré, replanté, les chais rééquipés pour produire ce vin remarqué par la critique. Vendu en AOC Bordeaux supérieur.

La rivière de la Pimpine est le réceptacle d’un bassin versant de 51 km2 en Entre-deux-Mers. La vallée qui accueille ce ruisseau dont elle porte le nom a été classée « Natura 2000 » en parti grâce à la présence du Vison d’Europe mammifère le plus menacé d’extinction  sur le continent. Elle parcourt 18 km entre sa source près de Créon et sa confluence avec la Garonne à Latresne. Durant son parcours, elle est bordée  par autant de propriétés agricoles, que de forêts ou de zones urbaines. Elle traverse pour une grande part des sols calcaires à astéries vieux de 30 millions d’années avec par endroits des sols argileux et limoneux. Les précipitations  gonflent les cours d’eau. Les couches de calcaire absorbent une grande partie d’entre elles et les « transmettent » aux strates inférieures qui alimentent à leur tour des sources qui restituent une partie de cette eau enrichie des éléments minéraux rencontrés au cours de ce périple. Les milieux humides qui bordent ses berges présentent une biodiversité que nous retrouvons aussi le long de quelques ruisseaux importants irrigants l’Entre-deux-Mers. Ils rendent de nombreux services notamment en participant à la régulation des crues, à l’épuration de l’eau et comme soutien d’étiage (débit le plus faible d’un cours d’eau). Ces milieux humides participent à la limitation du nombre de zones humides constatées depuis de trop longues années. L’urbanisation non maîtrisée et l’intensification de l’agriculture génératrices de pollutions sont en partie à l’origine de ces suppressions dommageables.
Sur le plan urbanistique, la Pimpine traverse une SNIEFF ( Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique). Des espèces végétales et animales rares et/ou protégées s’y côtoient. Depuis très longtemps l’homme vit sur ses berges s’adaptant aux caprices de ses eaux. Il s’est servi de cette rivière pour transporter sa production. IL y a aménagé des moulins, des bassins de rétention, des aires de loisir.
Lit mineur ou lit ordinaire désigne tout l’espace occupé par l’eau, en permanence ou temporairement, délimité par ses berges.
Lit majeur correspond à la limite de l’espace occupé par le cours d’eau au moment de ses crues.

Cette 21ième journée du programme de la Fête à Léo 2012 servait de support au final de nos randonnées estivales. Nous fûmes accueillis, avec une très grande gentillesse, par nos hôtes du jour (mairie de Lignan-de-Bordeaux et les propriétaires viticoles de la commune ). Un apéritif dinatoire animé musicalement par Tony Martinez et ses musiciens jazzy vint clôturer cette magnifique saison. Un nombreux public a nourri une nouvelle fois la convivialité ressentie sur la Fête à Léo.
Que tous et toutes en soient remerciés(ées).

Sources :
Intervenants, les sites dédiés, la Société Historique et Archéologique du canton de Créon, l’association de Restauration de l’Eglise de Lignan.

Darquest Dominique.