L'association Les Amis de Leo Drouyn vous invite à découvrir dans de conviviales rencontres, sur les pas de l'artiste archéologue du XIXe siècle, le patrimoine girondin, ses richesses architecturales, artistiques, ses paysages et son terroir...

mercredi 21 août 2013

Saint-Seurin le Samedi 27 Juillet 2013 - Compte-rendu



Randonnée pédestre à Saint-Seurin et ses environs

Journée de découverte à pied (16 km environ) à Saint-Seurin sur l’Isle et dans les communes environnantes, en partenariat avec l’Office de Tourisme, la municipalité et la médiathèque de Saint-Seurin sur l’Isle, le GRAHC, l’association historique de Puynormand, l’association l’Ami chemin, Ariane Production, les propriétaires des domaines visités et les Amis de Léo Drouyn. Intervenants : David Redon et Bernard Larrieu. Animation musicale : Chant et contrebasse avec Agnès Doherty sur des textes de René Fallet et Georges Brassens. Du grand art. 90 marcheurs ont participé à cette journée sous un soleil clément avec averses intermittentes.




Saint-Seurin sur l’Isle doit son origine à la présence d’un gué permettant la traversée de l’Isle. Dès la préhistoire autour de ce gué l’activité humaine et économique se développa. Les découvertes archéologiques attestent une présence humaine très ancienne.
L’église de Saint-Seurin qui nous est donnée de visiter aujourd’hui est très remaniée. Cette église romane s’est installée très certainement sur un lieu de culte de l’époque antique profitant d’une position stratégique surplombant la rivière et le gué. Cette église a beaucoup souffert comme celles environnantes des guerres de Cent Ans et de religions. En 1378, l’archevêché de Bordeaux ne déclarait il pas à propos de cette paroisse « deserta est ». En effet la « Guerre de cent Ans » et les épidémies ont supprimé toute activité humaine. Cette église fut reconstruite et pillée et puis détruite à maintes reprises dans l’histoire. La nef a une voûte en bois. Des arcs ogivaux supportent le bas coté créé pour agrandir l’église à une époque de recrudescence de la pratique religieuse. La voûte en « cul-de-four » est récente certainement pas d’origine. Présence d’un mur-clocher. L’église fut entièrement remaniée d’avril 1980 à septembre 1981.

Le moulin de Lageard dit « usine Jackson » a accueilli de multiples activités durant son histoire. à blé, minoterie dite moulin de Saint-Seurin, puis aciérie Jackson, usine de chaussures dite manufacture de chaussures Bonnot, usine de petite métallurgie (Moulin usine de capsules métalliques) dite Péchiney Emballage Alimentaire. Patrimoine classé. Lorsquil abrita une aciérie (1855) il expérimenta et mis en au point la « coulée continue » procédé sidérurgique ayant permis entre autres réalisations la production des rails de chemin de fer. A fait lobjet de remaniements et de consolidations multiples au cours de son histoire.



En 1867, E. Guillon écrit que "L'église de Camps
est isolée près de la rivière, petite, romane
 et sans ornement"
L’église Saint Pierre de Camps a un mur nord d’époque romane animé de baies typiquement romanes (hautes et étroites) réalisées dans le but d’éclairer la nef sans fragiliser la résistance des murs. Dans les murs présence d’un petit appareillage attestant une origine ancienne certainement d’époque romaine. Les contreforts sont peu saillants par rapport aux murs par opposition aux contreforts à glacis d’époque plus récente. Le mur-clocher a une façade reprise au XXème siècle. Le mur-clocher qui abrite une cloche classée monument historique de 1583 était autrefois de forme carrée. L’abside est semi circulaire accueillant des modillons malmenés par le temps . Ils supportent une corniche typiquement romane. Le mur du sud est renforcé par des contreforts à glacis. A l’intérieur les murs sont en moellons « en tout venant » décapés. Jusqu’au cours des années 2000 la restauration des églises a laissé la pierre à nue détruisant irrémédiablement les enduits et peintures d’époque. Derrière le retable en bois disparu, apparaît les assemblages de pierres existants au XIème siècle. Présence d’un bénitier roman.

Eglise St Hilaire de Puynormand. L’origine de ce nom vient de la colline des Vikings
car ces derniers résidèrent longtemps dans ces contrées. Cette église comme les autres édifices locaux a subi le vandalisme des belligérants au cours des guerres de religions et de la bataille de Coutras (20 octobre 1587) où le protestant Henri de Navarre écrase l’armée royale.
Le cœur est roman avec des modillons aux formes géométriques, humaines et animales soutenant la corniche. Le clocher est octogonal. Deux énormes contreforts à glacis contreventent le clocher. Dans les murs présence de nombreuses pierres de réemplois. Sur la façade au dessus du portail des « corbeaux » ayant soutenu un « scénar tex » en bois abritant les pèlerins avant d’entrer dans l’église. A l’intérieur, l’église est aussi large que longue. A l’origine, la nef était unique. Le nombre croissant de pèlerins a poussé au rajout de collatéraux. Présence d’un magnifique et imposant lutrin, classé récupéré peut-être dans l’abbaye de Fèze. Les enduits et les peintures qui recouvraient les murs ont été là aussi détruits au cours de la mise à nue de la pierre préconisée en terme de restauration des édifices pendant des décennies. La voûte en « cul-de-four » repose sur des arcatures qui rigidifient l’ensemble architectural. Les chapiteaux sont en couleur et de belle facture.



La Litre funéraire ou seigneuriale ou funèbre ou
ceinture funèbre était sous l'Ancien Régime
(période de l'histoire allant du XVIème siècle à la
Révolution 1789) une bande noire peinte sur les
murs intérieurs et extérieurs parfois pour honorer
un défunt local célèbre.
Eglise Saint Pierre de Gours : Elle date du XIIème siècle comme la majorité des églises d’Aquitaine. Un mur clocher (refait en 1828-29) vous accueille assez massif divisé en deux parties de qualités et d’époques différentes. Le portail roman est encadré par deux portes feintes. Les chapiteaux au dessus des colonnes sont récents. L’archivolte est orné de sculptures en dents de scie.  Les murs extérieurs sont réalisés en appareillages mêlant le « tout venant » à de belles pierres. Le mur sud est soutenu par des contreforts à glacis et accueille  des fenêtres romanes. Le chevet a une abside à 7 pans séparés par des colonnes semi engagées. Il offre une belle organisation architecturale. L’ensemble s’appuie sur des fondations hautes. Des modillons aux formes géométriques soutiennent la corniche. A l’intérieur la nef a deux travées. L’abside est coiffée d’une voûte en « cul-de-four ». La pierre est à nue et le chevet classique. Les chapiteaux au dessus des colonnes sont historiés mais la lecture est difficile. Nous devinons les restes d’une litre peinte sur les murs. 
                                                                     

D. Darquest