L'association Les Amis de Leo Drouyn vous invite à découvrir dans de conviviales rencontres, sur les pas de l'artiste archéologue du XIXe siècle, le patrimoine girondin, ses richesses architecturales, artistiques, ses paysages et son terroir...

mercredi 24 juillet 2013

Montagne le Dimanche 7 Juillet 2013 - Compte-rendu

Eglises, châteaux, paysages autour de Montagne


Découverte à pied (16 km) sur le territoire des communes de Montagne et Puisseguin conjointement organisée par l’Office du Tourisme du Lussacais et l’Association Historique de Puynormand avec la collaboration de l’Ecomusée du Libournais à Montagne et la participation des Amis de Léo Drouyn. Visites commentées par Christophe Métreau (animateur du patrimoine), l’association historique de Puynormand et Bernard Larrieu. Présence de 150 promeneurs pour une balade de 16 km autour de Montagne sous un soleil et une forte chaleur très présents toute la journée. Animation musicale «Indigo Jazz»




Eglise St Georges de Montagne :
Datée du XI siècle, elle abhorre un magnifique clocher de cinq niveaux de 21 mètres de haut implanté sur le transept nord. La destruction d’une ancienne villa gallo-romaine a permis la récupération de matériaux qui furent utilisés dans la construction de l’édifice. Cet ouvrage roman atypique mérite une visite. Léo Drouyn a dessiné l’ouvrage en 1891. Il avait représenté un claustra, élément de pierres dans les fenêtres. Présence d’une nef d’une abside centrale et de part et d’autre un transept avec deux absidioles dont l’une a disparu. Les baies ont des cintres dont les rayons sont de plus en plus importants au fur et à mesure qu’on s’élève dans les niveaux. A l’extérieur des modillons de facture classique sont présents. Un d’entre eux adopte une position qui suscite de multiples interrogations. Le portail est inscrit dans un avant corps en saillie. Il est composé d’un arc en plein cintre décoré d’une petite statue très dénaturée. Deux colonnes sont coiffées de chapiteaux décorés d’éléments végétaux et de formes monstrueuses en lutte. C’est une église charpentée aux baies hautes favorisant l’éclairement du bâtiment. Des contreforts consolident l’ensemble.

Au début de notre balade dominicale nous avons traversé la propriété du Château Cap d’Or et admiré le panorama magnifique qui s’offrait à nous sur les vignes en terrasses de la confidentielle appellation Saint-Georges Saint-Emilion.

« Je ne connais rien de sérieux ici bas que la culture de la vigne » 
Voltaire


Château St Georges :
Le site sur lequel est érigé le château St Georges remonterait à l’époque Gallo-romaine.
Des fouilles ont révélé la présence d’une villa gallo-romaine en exhumant une profusion de débris antiques, des mosaïques, des céramiques, des statues en marbre, des sols carrelés de briques qui donnent la fabuleuse la richesse de cette demeure disparue. Entre le magnifique château que nous connaissons de nos jours et cette riche villa gallo-romaine il y eut au moins un bâtiment médiéval. Ce bâtiment, château défensif était entouré de fossés (sans eau) et non de douves (avec eau). L’entrée d’esprit antique est magistrale (17 marches composent l’escalier fait de pierres) le tout surmonté d’un tympan. Les balustrades en bord de toiture cachent cette dernière sans pour autant limiter une terrasse qui n’existe pas contrairement aux idées répandues. Cette balustrade est composée d’urnes drapées avec à ses extrémités des pots à feu. Les traditionnels mascarons bordelais sont ici remplacés par des agrafes. Sur ces façades l’alternance de baies avec fenêtre et baies murées de pierre participe à la qualité du jeu architectural. La cour d’accueil a la forme traditionnelle d’un «u» complété gracieusement d’un portail métallique associé à une clôture en pierres sculptées. Coté jardin les décors architecturaux sont essentiellement floraux. La vue dominante sur les vignes mérite le détour. Grâce à la «savonnette à vilains» (de part la volonté d’un souverain, promotion subite d’une personne provoquant chez elle un changement radical d’état social). Le parlement de Bordeaux compta dans ses rangs des anoblis qui fortune faite, acquirent ces demeures et leurs propriétés dans l’Entre deux Mers.


Château Piron : Les bâtiments accueillaient fin XV un ancien relais de chevaux frais sollicités par les diligences et autres cavaliers se déplaçant sur de longues distances. Le puits a la particularité de ne pas avoir de jointoiement entre les pierres afin de faciliter l’écoulement de l’eau lors des crues évitant les dégâts sur l’ouvrage. Le puits capterait l’eau dans des veines alimentées par les eaux du massif central. C’est actuellement une propriété de 12 hectares en Appellation d’Origine Contrôlée Montagne – St Emilion.

Château de Musset : 
Propriété viticole de 7 hectares de coteaux ensoleillés sur sol argilo calcaire. Situé sur l’ancienne commune de Parsac située au nord est de St Emilion. Appartient à la même famille depuis 150 ans.





Ce château serait d’origine très ancienne comme en témoigne la belle cave voûtée surmontée d’une élégante colonnade du 18ème siècle avec vue plongeante sur les vignes et l’étang.





Eglise Notre Dame de Parsac : 
Cette église aux dimensions modestes est de fondation romane (XI siècle). L’édifice est construit dans un bel appareil régulier favorisé par la présence proche des carrières de pierres. Les historiens considèrent que l’édifice à été réalisé en trois étapes distinctes :
L’église du XIème siècle simple avec sa nef charpentée et son chevet voûté.
Au début du XIIème siècle il est décidé d’ériger une tour à l’ouest de la nef.
Dans la seconde partie du XIème siècle la nef est voûtée. Pour résister aux poussées exercées par la voûte sur les murs, deux arcs de décharge sont réalisés sur les murs gouttereaux.
Cette église paroissiale est dédiée à notre Dame. Elle occupe le sommet d’un rocher dominant la Barbanne. Un clocher barlong de deux étages accueille le visiteur. La maçonnerie de la coupole voûte semi sphérique qui coiffe ce clocher est visible de l’extérieur. La nef de petites dimensions (15 x 4,3m) est divisée en deux travées voûtées en berceaux brisés. La présence d’un oculus participe grandement à la qualité d’éclairage interne constatée. L’abside est voûtée en cul de four. L’arc triomphal est dédicacé à Notre Dame mais on ignore l’année de cette démarche. Le portail est inscrit dans un avant corps en saillie du mur. De part et d’autre de ce portail deux portes «feintes» lui servent essentiellement de contrefort. Sur la façade qui accueille ce portail présence d’un premier niveau haut embelli d’une série de modillons chahutés par le temps. Plus haut encore une autre série de modillons.
Cette disposition est extrêmement rare en Gironde. Deux colonnes situées de part et d’autre du portail soutiennent des chapiteaux décorés avec des motifs floraux et modèles animaliers minés par les intempéries depuis que le porche n’est plus là pour protéger ces dernières. A l’intérieur les chapiteaux sont très bien conservés.


Léo Drouyn a visité cette église par deux fois. L’une en 1858 avec son fils et l’autre en 1868 avec un ami. Il a laissé des esquisses de l’intérieur et de l’extérieur de cette église dont l’une d’entre elles montre que la maçonnerie de la coupole était visible de l’extérieur.


Château des Laurets :



Le château des Laurets est le parfait domaine viticole bordelais fonctionnant sur un vaste vignoble de 40 hectares. Le domaine fut ensuite agrandi au XIXème siècle (1842) avec les terres entourant les ruines du château de Malengin. En 1860 les propriétaires font construire une belle bâtisse (style second-empire) donnant du charme à cette propriété. Le château a la particularité architecturale de posséder une tour octogonale. Aujourd’hui la propriété couvre 90 hectares d’un seul tenant sur deux appelations : Puisseguin St-Emilion et Montagne St-Emilion (fait assez rare). Le château est actuellement entièrement vide de tout meuble, décoration. Le portail en fer daterait du 19ème siècle. La famille Rotschild est propriétaire du domaine.






                    Château des Tours











«Le château des Tours est d’origine médiévale et ne remonterait pas au-delà du XIVème siècle. Il fut restauré par Viollet le Duc au XIXème siècle. Le château de forme oblong a ses angles occupés par des tours circulaires. Une tour intérieure servait de donjon.
Au nord du château primitif, il y avait une cour carrée formée par lui et des murailles crénelées lesquelles avaient extérieurement de larges et profonds fossés. Ces fossés subsistent mais les murailles ont été remplacées au XVIème siècle par des édifices rectangulaires…
la chapelle à l’est est située hors de l’enceinte du château et daterait du XIVème siècle…deux tours rondes moins hautes que les autres garnies comme elles de mâchicoulis … encadrent la porte…sur son sommet on voyait les armes de Calvimont sculptées sur une grande pierre : elles gisent depuis 1793 à quelques pas en avant de la porte».
Raymond Guinodie : Histoire de Libourne et des autres villes et bourgs et son arrondissement Tome 3 – 1876
Actuellement le château tombe peu à peu en ruine.

«Le château des Tours est une des habitations les plus intéressantes, les plus réussies et les plus opulentes de cet aimable coin de France… c’est admirable comme vue, comme situation, et comme disposition. Charmant accueil, châtelins des plus aimables,  jolis bébés courant gaiement par les allées ombreuses ou sur les gazons fleuris, beaux chevaux, attelages soignés, voitures élégantes pour courir le pays :C’est complet.»
Bertall 1er octobre 1876

D.Darquest