L'association Les Amis de Leo Drouyn vous invite à découvrir dans de conviviales rencontres, sur les pas de l'artiste archéologue du XIXe siècle, le patrimoine girondin, ses richesses architecturales, artistiques, ses paysages et son terroir...

jeudi 25 juillet 2013

Bourg le Vendredi 12 Juillet 2013 - Compte-rendu

Bourg en scène


La visite de Bourg cette année s’est articulée autour d’une pièce de théâtre «L’épicerie Zakouvitch» dont les trois actes se sont déroulés dans trois lieux différents de la ville. Ils furent interprétés par la «Compagnie Imagine» de Gauriac. Cent personnes ont déambulé dans la ville pour rejoindre les acteurs et ont profité d’autant d’interventions relatives à l’histoire de la ville.







Auparavant Michelle Coquet a capté son auditoire avec sa «conférence exposition de photos» sur la colonne Theimer et ses tortues sculptées au centre de la place de la Victoire à Bordeaux.
Nous regarderons désormais cette colonne avec plus d’intérêt. Curieux munissez vous d’une loupe. Un monde miniature et déroutant, à la gloire du vin et de Bordeaux vous y attend sur toutes ses faces.

La visite de Bourg était organisée par le Syndicat d’Initiative du canton de Bourg en partenariat avec la commune de Bourg, du Syndicat Viticole des Côtes de Bourg et la Communauté de Communes de Bourg en Gironde. Intervenants : Frédérique Lardière et Bernard Larrieu. Balade «by night» aux flambeaux par une température très douce. Comme à l’accoutumée l’apéritif vigneron fut d’une grande qualité. Au cours de la soirée nous eûmes droit à une autre halte dinatoire en cours de route pour tenir jusqu’à la fin de la soirée et profiter du pot de l’amitié qui mit un terme à cette soirée sympathique.









Colonne Theimer





Bourg dans l’histoire (succinctement).

L’estuaire et ses rivières constituèrent très tôt un axe de communication et d’échanges commerciaux. Les bords des fleuves ont été très souvent des lieux privilégiés de déplacements, de rencontres, de commerces et furent une aubaine pour les troupes en transit. Placée judicieusement au confluent de la Garonne et de la Dordogne, Bourg s’est très vite enrichie. Elle fut créée par la famille Paulina au cours du IVème siècle sur une communauté déjà active. Elle devint très rapidement une place forte militaire, pour devenir le «bouclier» de Bordeaux lorsqu’elle est passée sous domination anglaise au moment du divorce entre Aliénor d’Aquitaine et Louis VII et son mariage avec Henri II Plantagenêt. Auparavant la cité s’est fortifiée notamment au IVème siècle pour devenir une véritable forteresse au VIIIème siècle au moment des grandes invasions. L’histoire de Bourg est faite de sièges, d’affrontements, de combats de démolitions, de reconstructions. Elle a subi ou pris fait et cause dans tous les conflits qui ont agité le pays. Nous citerons pour mémoire, les grandes invasions au VIIIème siècle. Elle fut propriété royale au VIIIème siècle, sous domination anglaise pendant la Guerre de Cent Ans. Pendant les guerres civiles et de religions elle fut exemptée de la Taille pendant un an 1571. Elle subi les violences de la Fronde, fut livrée aux Espagnols puis reprise par les troupes royales. Ses murailles démantelées Bourg a perdu son importance militaire. Néanmoins, elle fut occupée par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale et servi de dépôt de carburant.


L’Eglise St Géronce du XIXème siècle réalisée par l’architecte diocésain Labbé. Suite à des difficultés techniques rencontrées au cours de la construction, le chevet contrairement à la tradition est situé plein sud.
Au cours de notre balade nocturne nous sommes passés à côté de la « Porte de L’Esconge » qui doit son nom à la proximité de la famille noble Conges. Elle est parfois appelée « Porte des Espagnols » ou « Porte de la Retraite ». Elle se situe dans le rempart du XIIIème siècle. Elle donne sur ce qui a put être le port intérieur de BOURG.


En longeant le pied des remparts nous avons observés les célèbres «Escaliers du roi» qui tirent leur notoriété de l’anecdote du «Figuier du roi». En 1650, un père Récollet a voulu aider le jeune (12 ans) futur roi Louis XIV à attraper une figue trop haute pour lui. Le garde du corps se saisit du bienfaiteur et le jeta en prison en l’accusant de crime de lèse-majesté. Le coupable dut son salut à la reine mère Anne-d’Autriche qui compatit sur le geste amical du dévoué ecclésiastique.

A l’origine le vieux lavoir se situait à côté de la fontaine qui l’alimentait naturellement. Les eaux souillées étaient rejetées au fleuve. En mauvais état et de dimensions trop réduites pour les besoins grandissants, un nouveau lavoir fut construit en 1828. La date est gravée sur l’édifice. C’est un lieu particulièrement vivant. Les lavandières y formaient une mini société avec ses règles spécifiques. Toutes les informations d’ordre général concernant Bourg et sa région y transitaient. Les langues s’y déliaient, les cancans circulaient. Pour beaucoup d’observateurs ce lavoir est un des plus grand et plus beau de gironde. Les portées justifièrent la réalisation d’une charpente aux assemblages remarquables. Du grand art.

La « Porte de la Mer » est la seule porte de la ville subsistant de l’enceinte fortifiée de Bourg. Elle date du XIIIème siècle.
A l’origine il n’y avait pas de porte mais le rempart. Une
frontière physique existait entre la ville haute et basse. Un orifice réalisé à mi hauteur du rempart permettait l’évacuation des égouts de la ville haute qui ruisselaient le long du mur et rejoignaient le port. D’où le nom de «Goutinière». Pour des raisons évidentes ce cloaque à ciel ouvert posait de multiples problèmes d’insalubrité. En 1849, il fut décidé de percer le mur et d’aménager un escalier d’entretien et d’accès au port. La ville basse était physiquement rattachée à la ville haute. XVIIème siècle. Remaniée au XIXème siècle.



La Halle initiale datait de 1535. L’édifice avait dix gros piliers octogonaux qui supportaient
la charpente reliés à leur base par un bahut à hauteur d’appui auquel s’adossait à l’intérieur un banc de pierres. La couverture était composée de tuiles creuses. La halle actuelle fut construite en 1867. Elle est couverte d'ardoises supportée par des colonnettes en fonte.





L’hôtel de la Jurade (XVIIIème) situé sur la place de la Halle accueillait les Jurats qui administraient la ville et la Justice en matière criminelle. La balance de la justice est sculptée sur son fronton




D.Darquest