L'association Les Amis de Leo Drouyn vous invite à découvrir dans de conviviales rencontres, sur les pas de l'artiste archéologue du XIXe siècle, le patrimoine girondin, ses richesses architecturales, artistiques, ses paysages et son terroir...

mercredi 9 septembre 2009

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Sortie en Pays de Branne 5 septembre 2009


Le reposoir de l'église Notre-Dame
de Grézillac : 
 Sainte Anne-Marie
(photo de Pierre BERNARD)
[WWW]Photos d'Yves Carlier 
… et un mini Mascaret s’invita à la fête. 
Chambrée : 180 marcheurs. Très bonne participation. Temps : frais à doux le matin, chaud l’après-midi. Intervenants de qualité : Jean Luc Piat, Jean François Duclot et Bernard Larrieu. Partenaires impliqués dans l’organisation de la journée : Syndicat d’Initiative des Pays de Branne-Entre-deux-mers, les associations de randonneurs Bol d’Air de St Germain du Puch, Rando-découverte de Tizac de Curton, l’Association Historique des Pays de Branne, le château Bonnet, la mairie de Branne, et les Amis de Léo.
Rendez-vous avait été donné à la mairie de Branne pour le traditionnel café de bienvenue offert par la municipalité. Au programme de la journée, un circuit pédestre d’une quinzaine de kilomètres, par monts et par vaux, à la découverte de quelques châteaux et de plusieurs
églises romanes présentes dans le Brannais à la limite du Bazadais et du Bordelais. Nous avons eu le loisir de découvrir les châteaux suivants :

Château Lambert, à Grézillac : Cette chartreuse du 18 ème siècle est au cœur d’une propriété viticole. Valérie Feret-Lambert propriétaire des lieux nous fit une rapide présentation que compléta B.Larrieu. Des travaux dans les chais combinés à la présence imprévue de 180 visiteurs dissuadèrent notre hôte d’affiner la visite. Les plus curieux des marcheurs visitèrent, à l’invitation de la propriétaire, la façade accueillant l’ancienne orangeraie. Surplombant la campagne environnante, la terrasse arrière du château invitait à la quiétude, faisant dire à quelques uns d’entre nous que nous visitions un petit coin de paradis.

Aperçu sur le château de Mouchac : L’ensemble des bâtiments donne un aspect général charmant. Nous n’étions pas autorisés à pénétrer dans la propriété. B.Larrieu a improvisé un commentaire des lieux en se souvenant de la visite à laquelle il a eu la chance de participer au cours d’un précédent passage. Il rappela la beauté de la cour intérieure du château avec ses arcades périphériques supportant une galerie à l’étage. Il vanta la beauté d’une grille de la fin du 17 ème siècle tout à fait charmante. Des tours aux dimensions et aux formes dissemblables marquent les angles du bâtiment principal. Une terrasse intermédiaire, ceinturée de balustres en pierre, renforce le charme désuet de l’ensemble de la construction. Léo aurait vu ce château sans les dépendances nombreuses qui s’imposaient à nous. Il n’y aurait porté qu’un intérêt limité.
Le Château Bonnet ( 18 ème siècle ) est bien gardé. Diane la « chasseresse », statufiée, veille sur les châtelains. La présentation de l’histoire du domaine et de la famille Lurton, propriétaire des lieux, fut assurée successivement par madame Teyssandier et par B.Larrieu qui fondèrent leurs propos à partir des travaux de recherche menés par madame Hélène Brun- Puisinier. Une dégustation des fleurons de la propriété ( vins rosé et blanc ) fut suivie du traditionnel pique-nique sous les magnifiques cèdres animant les pelouses de la propriété. Les plus curieux des marcheurs prirent le temps de découvrir la belle façade du château avec ses jardins à la française formant un bel ensemble harmonieux.

Maison noble de Rébuillide à Guillac : Cette maison fortifiée, de forme simple, est bordée de tours angulaires sur lesquelles des échauguettes ( fentes horizontales) permettaient les tirs défensifs. Présence plus récente que le corps du bâtiment, de fenêtres à meneaux croisés et horizontaux sur une des façades. La famille Rébuillide, d’origine espagnole, portée par les fortes immigrations de la fin du 15 ème siècle-début 16 ème siècle a fait l’acquisition de la bâtisse et fut anoblie ultérieurement.
Au programme de la journée, découverte commentée de quelques unes des églises romanes du pays de Branne.

Eglise de Branne : Ses deux clochers ont tout pour plaire au cardinal Donnet, donnent à cette église l’apparence d’une petite cathédrale. Visuellement cette église serait d’inspiration néo-gothique. L’église est dédiée à St Etienne et à St Luce. C’est grâce à l’entêtement de l’abbé Lapeyre, abbé de Branne que cette église a été édifiée entre 1859 et 1863. Il fut aidé dans cette tâche par le dynamisme économique dont bénéficiaient Branne et sa région au cours des années 1860. Nous avons remarqué la rénovation de l’autel peint en blanc qui contraste avec les murs de l’abside, sombres, presque sales, aux peintures en trompe-l’œil par endroits presque effacées. La rosace est belle. Les vitraux sont eux aussi de belle facture.
Léo à visité l’église romane, remplacée par celle que nous avons sous les yeux. Malheureusement pour les finances de la commune actuelle, les deux tours ont été construites avec une pierre qui se délite trop rapidement, fragilisant l’ouvrage.

Eglise de Lugaignac : Au cours des trois visites effectuées par Léo Drouyn dès 1844, ce dernier dessina notamment le portail roman composé d’arcs brisés auquel il trouva un peu de charme. Il regretta que l’arc triomphal soit affaissé. De nos jours, ce dernier a été repris. Les murs extérieurs sont consolidés par des contreforts assurant un meilleur monolithisme de l’ouvrage. La nef romane est voûtée constituant une innovation architecturale. L’édifice semblerait être bâti sur les ruines d’une villa gallo-romaine. La présence de fragments de mosaïques retrouvés sur la site donnerait du crédit à cette hypothèse. C’est une situation relativement courante. Les pierres des villas gallo romaines étant réemployées à la construction du lieu de culte. La date de Juin 1614 figure sur cette église dédiée à St Martin. A l’extérieur le chevet de l’église, de forme pentagonale, apparaît surhaussé certainement dans la perspective de mieux défendre l’édifice. Les modillons supports à l’imaginaire des sculpteurs sont de conservation très inégale. Certains d’entre eux, qualifiés conventionnellement « d’obscènes » illustrent les vices de la société à l’extérieur de l’église. A l’intérieur de l’édifice, ce sont des représentations multiples de la vertu, de la dévotion que flatte la maison du Christ. Un porche abrite la porte des vicissitudes climatiques. Ce lieu de paroles, équipé de bancs, accueillait les protagonistes débattant d’affaires publiques.

Eglise de Grézillac : Cette église romane est dédiée à notre Dame. L’église a été remaniée à plusieurs reprises au 16 ème et 17 ème siècles. L’édifice est semble-t-il bâti sur l’emplacement d’une villa gallo-romaine. Le clocher-porche est remarquable. Il serait daté du 12 ème siècle. Léo Drouyn lui aurait consacré la plupart de ses notes archéologiques. L’abside est peinte ( 19 ème siècle ). Une statue polychrome de la Vierge à l’enfant est à demeure dans l’édifice religieux.

Eglise de Guillac: Cette église romane, est dédiée à Ste Ursule de Guillac. L’édifice, milieu 12 ème siècle, ne présente pas d’intérêt architectural particulier. La nef est charpentée dès l’origine et non voûtée. Nous relevons l’absence d’arc triomphal. L’abside est circulaire. A noter la présence d’une vierge à l’enfant sculptée dans la pierre offrant un intérêt artistique certain. Située au dessus de la porte, elle est peu mise en valeur. Lorsque Léo Drouyn la visita en 1867, il découvrit une église remaniée.

Croix du cimetière de Branne : Le fût se présente sous la forme d’une colonne torsadée, cannelée, serpentine,coiffé par un chapeau corinthien supportant une croix rapportée, presque banale. Visibles dans certains carrefours de voies rurales, présentes dans quelques cimetières, ces croix apparurent fin 16 ème, début 17 ème siècle. Ces dernières avaient pour vocation de bénir les récoltes, commémorer des souvenirs ou des actes collectifs. Ici, présence d’une plaque métallique dédiée à la mémoire des enfants de Branne disparus au cours des derniers conflits militaires. Léo Drouyn s’est intéressé dès 1858 à ces croix et les a recensées dans la Revue Catholique de Bordeaux. Sur le Canton de Branne Léo Drouyn aurait repéré sept croix.

A proximité de la commune de Branne , la présence d’une Motte féodale, naturelle, remodelée, antérieure au 13-14 ème siècle, méritait quelques explications. La lecture du paysage fut assurée par B.Larrieu et J.L. Piat . Ce mouvement de terre s’inscrivait dans un ensemble plus général d’observation et de contrôle de l’activité fluviale proche ( Dordogne ). Au pied de la Motte le ruisseau le Lissandre jouait le rôle d’une frontière naturelle entre le Bordelais et le Bazadais. Chacun, des pays cités, avait entre autres une fiscalité et un système métrique différents.

Une partie des quais de Branne fut réquisitionnée par le Syndicat d’initiative pour accueillir les marcheurs du jour, autour d’un cocktail musical animé par Stéphanie Baburek et Paul Gonet ( guitare, chant ). Nous avions déjà apprécié ces artistes notamment pour le final de la sortie consacrée à la forêt de la Double. L’attention des uns et des autres fut un moment détournée par le bruit caractéristique produit par la vague d’un mini mascaret. Ce phénomène naturel, spécifique à nos fleuves girondins, ici la Dordogne, méritait bien un titre.
Cette vingt et unième journée du programme de la Fête à Léo 2009 s’acheva comme les précédentes : en musique, avec des sourires et du soleil autour du verre de l’amitié.
A bientôt sur les chemins de la Fête à Léo.
Dominique D.








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– En Pays de Branne


Départ : Mairie de Branne – 09h00 – à pied


Journée découverte des pays de Branne, avec les églises de Lugaignac, Guillac et Grézillac, les châteaux Bonnet (où nous pique-niquerons) et Lambert. Final à Branne, sur les quais de la Dordogne, avec nos musiciens folk !