L'association Les Amis de Leo Drouyn vous invite à découvrir dans de conviviales rencontres, sur les pas de l'artiste archéologue du XIXe siècle, le patrimoine girondin, ses richesses architecturales, artistiques, ses paysages et son terroir...

vendredi 7 octobre 2011

description

Sortie à Sainte-Croix-du-Mont le 18 septembre 2011

Photos d'Yves Carlier
La journée découverte, à pied, du patrimoine des communes de Ste-Croix-du-Mont, Loupiac et Verdelais a rassemblé 150 marcheurs. La place de l’église de Ste-Croix-du-Mont prêta son point de vue magnifique sur la vallée de la Garonne pour le traditionnel café de bienvenue aux pèlerins du jour.
L’église de Ste-Croix-du-Mont actuelle est bâtie en lieu et place d’une église primitive qui serait datée du XIIème siècle, époque à laquelle existait une paroisse. A la nef unique vint s’ajouter une première chapelle
renforcée d’une seconde plus tard, au moment de l’accroissement de la population. Cette église était dotée d’un magnifique portail. L’église fut détruite puis reconstruite. La beauté du portail initial donna des remords aux bâtisseurs qui décidèrent de la reconstruire « à l’identique » en réemployant certaines pierres d’origine. Léo, lors de son passage, a dessiné le portail, se mettant en scène avec un ami. Plus tard, Brutails a photographié 19 chapiteaux déposés près de l’église. Aujourd’hui, le portail est classé monument historique, notamment avec ses fameux tireurs à la corde. Le portail actuel serait du XIXème siècle. L’église a été revue et corrigée par le cardinal Donnet.

La balade empruntant des chemins escarpés nous conduisit à travers les coteaux des vignobles réputés (Ste Croix du Mont, Loupiac) pour rejoindre les ruines du vieux château du Cros.


Le vieux château du Cros : Il est érigé sur un pic rocheux rive droite, dominant la vallée de la Garonne. La vue superbe sur le fleuve et ses environs attire de nombreux visiteurs. Le château initial daterait du XIIème siècle et aurait été érigé à proximité de grottes troglodytes. A l’origine, il aurait été bâti à la demande de Richard Cœur de Lyon. Léo Drouyn a gravé ce qui restait de la bâtisse. L’artiste l’a évoqué dans les pages de la « Guienne militaire ». Il a été modifié à de nombreuses reprises au cours des siècles. Ce château de dimension modeste, bien fortifié, ne fut jamais pris. La falaise abrupte d’un côté et la présence de fossés bien défendus, de l’autre côté, expliquent cette invulnérabilité. Il fut la propriété des Seigneurs du Cros qui possédèrent Cadillac à une époque. Au cours de la seconde guerre mondiale, il servit de cible aux tirs allemands pour le tir de précision. Il servit aussi de carrière de pierres. Léo Drouyn, au cours de ses visites, a réalisé de nombreux dessins. L’historien estimait être plus en présence d’une maison forte que d’un château fort. Notre intervenante affirma que par temps clair, de ces lieux, l’observateur peut voir les Pyrénées. Cette ruine fait l’objet de toutes les attentions d’une association (les Amis du vieux château du Cros ) qui, par bail emphytéotique, la restaure avec l’aide de la Fondation du Patrimoine. Elle est classée à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. La tour carrée a été restaurée en l’an 20000. Toutefois, il y a urgence à consolider certains murs extérieurs qui menacent de s’effondrer. Le vieux château du Cros est aussi une propriété viticole dont les vins sont d’une grande qualité.

Pour rejoindre le petit port de la Garonnelle nous dûmes quitter à regret les coteaux aux magnifiques perspectives et descendre vers la Garonne pour cheminer le long du chemin de halage. Il avait son utilité autrefois, car nous sommes dans une partie géographique de la Garonne où l’influence de la marée s’atténue. Seules les grandes marées se faisaient sentir à Langon. Aujourd’hui, ce chemin de halage fait le bonheur des cyclistes, des marcheurs et permet aux pêcheurs d’accéder aux berges du fleuve.


Le port de la Garonnelle était très emprunté par les gabarres qui convoyaient les nombreux pèlerins et acheminaient bétails et marchandises. Malheureusement, les inondations fréquentes pénalisèrent trop souvent le bon fonctionnement de l’église St Maurice d’Aubiac. Elles eurent raison de son existence. L’église paroissiale sera transférée de St Maurice d’Aubiac vers Notre-Dame de Verdelais (basilique), plus prestigieuse, notamment après les interventions architecturales du Cardinal Donnet. Les gabarres se firent rares, le village tomba dans une douce quiétude.

En rejoignant la chapelle d’Aubiac, les marcheurs passèrent le long de deux maisons bourgeoises se faisant face. Elles furent dessinées par Léo Drouyn. A l’époque, une passerelle reliant les deux bâtisses permettait aux habitants d’enjamber les nombreuses et importantes crues de la Garonne.

Léo a aimé ces lieux et y est revenu très souvent, produisant de nombreux dessins. Il y trouva l’amour et se maria deux ans plus tard.


La chapelle d’Aubiac : Elle est dédiée à St Maurice. Daterait des XI et XIIème siècles. L’église perdit son statut d’église paroissiale au profit de la basilique de Verdelais dans les circonstances évoquées précédemment. Vendue en 1835, l’église sera transformée en étable et sa décoration intérieure, sculptures entre autres biens, sera acheminée aux Etats-Unis. C’est aujourd’hui une maison d’habitation qui s’inscrit discrètement dans un édifice d’art roman, sobre et émouvant. Bernard Larrieu a évoqué une gravure, montrant la tête d’une vache passant par la fenêtre. L’historien nous expliqua le sens caché de cette curiosité graphique, qui signifiait que l’église locale était devenue une étable au profit des Verdelaisiens. Il releva aussi l’absence des quatre magnifiques chapiteaux présents sur la gravure. Ils ont été récupérés pour être transférés, eux aussi, aux Etats-Unis, peut-être dans des parcs à thème. Des motifs géométriques sont visibles à l’extérieur. Présences de contreforts à glacis. La partie haute de l’édifice est plus récente. Le chevet présente à l’extérieur des fenêtres romanes. L’appareil extérieur est fait de moellons du tout venant. L’abside est de facture romane.


C’est avec l’aimable autorisation des propriétaires que les randonneurs du jour ont pique-niqué dans le magnifique parc qui héberge cette chapelle.

Château Loubens : Nom commun à plusieurs châteaux dont il est délicat de trouver les origines car les archives ne sont pas légion. Façade du Moyen-âge, mais traces de nombreuses modifications ultérieures. Traces de deux tours rasées dont on ignore l’époque. Présence d’une fuie affichant la noblesse des maîtres des lieux. Ces derniers, propriétaires de terres, échappaient à l’impôt sur le sol grâce à leur haute ligné. Vers la fin du XVIème siècle-début du XVIIème siècle, tout le Bordelais se couvre de ces fuies (pigeonniers). Il en était de même avec le droit de girouette. Les contreforts arrière ont la particularité d’être coiffés d’un rouleau architectural.


Le château est érigé sur un banc coquillé très ancien dont l’épaisseur peut atteindre par endroit un peu plus de quarante mètres pour s’étendre sur une longueur de huit cent mètres. Cette propriété viticole stocke son vin à vieillir dans des barriques séjournant dans des caves creusées à même le banc coquillé. Elles y trouvent une température constante de 14 degrés, sont à l’abri de la lumière et ne subissent pas de vibration. Curiosité locale avec la présence d’une chapelle creusée dans le banc coquillé. Aménagée fin XV-début XVIème siècle par Delauné, parlementaire bordelais, ce lieu de culte recevra Louis XIII qui assistera à une messe célébrée en son honneur.


L’origine de ce banc remonterait à 19 millions d’années, période pendant laquelle une baie s’est formée autour de St-Croix-du-Mont. Les mouvements de va-et-vient de l’océan débordant jusqu’aux monts du Massif Central et au pied des Pyrénées perdaient pendant leurs trajets certains éléments en suspension dans les eaux. Lorsque l’océan s’est retiré, l’eau est restée captive dans la baie de Ste-Croix-du-Mont et les éléments en suspension, notamment les coquillages, s’y sont déposés, créant une strate spécifique.

Notre hôte évoqua une légende locale mettant en scène le roi Henri IV : il avait exigé que toutes les sorcières du sud de la France soient brûlées vives. La légende soutenue par le monarque évoque le nombre de 500 martyres. En réalité elles ne furent que !!! 80 à périr brulées.


Le château de Ste Croix-du-Mont ou château de Tastes : Toponymie : Parmi les différentes hypothèses avancées, celle retenue en général par les historiens, évoquerait la présence d’une croix servant à indiquer la présence de la paroisse aux bateaux remontant la Garonne. Historique rapide :

1155 : acte signé à Loupiac, faisant état pour la première fois d’un Pierre de Tastas.

1230 : Première mention de Tastes de Ste Croix-du-Mont.

Il n’y a pas de document attestant la présence d’un château avant le XVIème siècle.

Le seigneur de Tastes soutient le roi-duc qui comptait sur sa fidélité. Il devient donc un « révolté ».


Lorsque les députés des rois de France et Anglais statuèrent sur le sort des « révoltés », ils décidèrent de pardonner à tous sauf à onze d’entre eux, dont le seigneur Girard de Tastes.

Les crus locaux sont largement exportés vers l’Angleterre. La paroisse prospère et devient rapidement l’enjeu d’importants conflits d’intérêts.

Au XVème siècle, la lignée des Tastes à Ste-Croix-du-Mont s’éteint. Le roi d’Angleterre donne le château à Jean d’Albret, puis à Raymond de Lanau …, ensuite à Gaston 1er de Foix, puis le château sera vendu à de multiples reprises. Chaque propriétaire engagera, sans les finir, de multiples travaux.


En 1927 la mairie achète le château et y construit une école.

En 1970, l’école est déplacée au profit des services municipaux qui s’y installent.

Commentaires empruntés aux intervenants du jour : c’est un petit château médiéval, avec une tour carrée-donjon, offrant un point de vue exceptionnel sur la Garonne et sa plaine. Il manque des tours présentes au château initial. Présence d’une petite échauguette du XIXème siècle. « Il n’y a plus grand-chose d’époque… ». Les murs ont des appareils du XVème et des siècles suivants. Une partie de la façade d’accueil serait du XIXème siècle. Léo Drouyn est venu à plusieurs reprises la critiquer. La façade arrière donnant sur le parc offrirait un peu plus d’authenticité. Construite en appareil de grande taille, elle ne semble pas avoir subit trop de modifications. Les créneaux sont récents toutefois. Présence d’une meurtrière. Au cours de la visite, plusieurs personnes ont avoué avoir l’impression que ce château sortait directement d’ateliers de décors de cinéma.

La vaste cour intérieure a accueilli le cocktail dînatoire du final de la Fête à Léo 2011. Le mini concert de Calise et ses musiciens «jazzy» fut le point d’orgue de cette sympathique soirée. Merci à l’artiste, pour notamment, son interprétation émouvante du poème «La main gauche» qui laissa quelques yeux «perler d’émotions».

Un grand merci aux «petites mains» qui ont mis la «main à la pâte» pour que ce final de la Fête à Léo 2011 soit réussi. Merci à Bernard Larrieu et à Anne-Marie Migayron, qui ont fait de la Fête à Léo 2011 un bon cru.

Vivement la Fête à Léo 2012.


Sources :

Intervenants du jour.

Sites internet des communes et associations concernées par la journée.


Dominique Darquest





Sainte-Croix-du-Mont… des coteaux à la rivière

... et final au château de la 10ème Fête à Léo !

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine
• Journée découverte à pied du patrimoine (13 km environ) des communes de Sainte-Croix-du-Mont, Loupiac et Verdelais, en bord de rivière et sur les coteaux. Final en musique de la Fête à Léo avec Calise et ses musiciens jazzy.

> En partenariat avec la Mairie de Sainte-Croix-du-Mont le Syndicat viticole de Sainte-Croix-du-Mont, les Amis du Vieux Château du Cros, Les Amis de Léo Drouyn

> Visites commentées par Xavier Landure, Diana Corbi (le Cros) et Bernard Larrieu.

9h00 : Accueil sur la place de l’église Sainte-Croix autour d’un café convivial

Visite de l'église Sainte-Croix et description de son portail ancien

Château du Cros, à Loupiac

Descente vers la plaine, points du vue

Chapelle d'Aubiac, à la Garonnelle

13h00 : Pique-nique à la Garonnelle

Retour par les bords de la Garonne jusqu'au chemin des passeurs

Site des fossiles d'huîtres

Château et pigeonnier de Loubens

Château de Tardes

18h00 : Fête des dix ans et final de la Fête à Léo

cocktail dînatoire au château de Tardes (mairie), en partenariat avec le Syndicat viticole de Sainte-Croix-du-Mont et les Amis de Léo Drouyn

Animation musicale avec Calise et ses musiciens jazzy

Présentation de l'ouvrage Léo Drouyn, cet illustre inconnu (Bernard Larrieu)

Exposition des images de Léo Drouyn sur Sainte-Croix-du-Mont

Attention ! Participation aux frais de la journée : 3 euros

Informations

Mairie de Sainte-Croix-du-Mont

Tél : 05 56 62 01 39