L'association Les Amis de Leo Drouyn vous invite à découvrir dans de conviviales rencontres, sur les pas de l'artiste archéologue du XIXe siècle, le patrimoine girondin, ses richesses architecturales, artistiques, ses paysages et son terroir...

mardi 28 septembre 2010

description

Sortie à Saint-Pey-de-Castets 11 septembre 2010

De Saint-Pey-de-Castets à Bossugan et Ruch avec Bernard Larrieu, le local de l’étape

C’est sur le parvis de l’église de St Pey de Castets que se retrouvèrent les 60 marcheurs désireux de découvrir une partie du riche patrimoine médiéval encore visible dans les communes de St Pey de Castets, Bossugan et Ruch. Surprise : pas de café fumant pour nous souhaiter la bienvenue. L’accueil de Mme le Maire fut charmant : elle rassura rapidement son auditoire : nous aurions bien le loisir de retrouver notre traditionnel café, accompagné de quelques douceurs, à quelques minutes de marche,
sur le parcours, dans un lieu plus verdoyant et intime. La présentation du programme de la journée fut assurée par Bernard Larrieu. Le soleil n’avait pas manqué le rendez-vous : il plaisanta toute la journée.
Chemin faisant, sous la conduite de B.Larrieu, nous avons essayé de retrouver les traces d’un château qui aurait existé avant l’an mille et aurait sécurisé l’une des voies les plus empruntées à cette époque, avec la présence d’un gué (le Pas de Rauzan) qui permettait de traverser la Dordogne. Les routes, peu nombreuses vers l’an mille, peu sûres, car de nombreuses troupes de brigands harcelaient les usagers, traversaient tout de même tout le pays pour butter sur les rivières. Les gués représentaient alors de véritables aubaines économiques. Il n’est pas étonnant de retrouver le long de cette voie très importante, depuis la plus haute Antiquité, une présence humaine et une activité économique dense qui ont perduré. De nombreux vestiges et multiples trouvailles archéologiques l’attestent. 

Les vignes, parfois en « joile », accueillaient, entre leurs rangs espacés, des plantations céréalières ou légumières. Les vignes occupèrent, très tôt, ces campagnes et ces vallées où régnait un climat favorable, où la Dordogne et la Garonne grâce à leurs marées facilitaient le commerce du vin, du bois, de la pierre et des céréales. Peu de chemin existaient encore. Il fut nécessaire de réduire les distances entre notamment les propriétés viticoles et les rivières. La lecture de certains parcellaires cadastraux confirme la présence des vignes à une distance de moins de 10 km des artères fluviales. Le maillage viaire qui se mettra en place, progressivement, modifiera cette attitude.
Nous foulions les ruines d’un ancien moulin à vent érigé sur un tertre dominant notamment la vallée de la Dordogne. B.Larrieu évoqua la possibilité que le mystérieux château recherché pût se trouver dans ces lieux avant que ne fut érigé ce moulin à vent. Des ruines, jouxtant les vestiges du moulin, révèlent la présence de pierres rubéfiées attestant d’un incendie, probablement à l’origine de la disparition de l’édifice. Notre guide espéra vivement (sans trop se faire d’illusion) que des mécènes veuillent bien investir dans une campagne de fouilles qui selon lui devrait lever quelques unes des interrogations que pose l’histoire locale. 

Il évoqua le texte écrit en l’an 982 découvert par Sylvie Faravel, confirmant ainsi l’existence ancienne de St Pey de Castets et la présence de ce mystérieux château. Cette précieuse découverte a permis une meilleure connaissance de l’histoire locale. B.Larrieu rappela que la majorité des moulins à vent dataient du 19ième siècle, alors que les moulins à eau étaient présents dès le 17ième siècle.

Notre balade se poursuivit entre de magnifiques vallées, beaux sites et points de vue où l’œil trouvait un horizon lointain et inhabituel pour arriver à proximité d’un tunnel-refuge où l’espace confiné découragea quelques-unes des marcheuses.
M. Philippe St Jean nous accueillit en nous présentant quelques unes des trouvailles faites dans le tunnel-refuge pendant les différentes fouilles auxquelles il a participé.

De multiples éléments de la vie ordinaire d’époques révolues: boucles de chaussures, peignes, monnaies, lampes à huiles, fragments de couteaux…etc., des poteries du 12ième et 13ième siècles et à proximité du refuge, des pierres taillées datant du Néolithique (-6000 à -10000 ans) ayant servi d’ustensiles dans une vie quotidienne très lointaine. De nombreux tunnels-refuges (plus de 200 sur le département de la Gironde) ont accueilli et dissimulé, pendant les nombreuses invasions qui déferlèrent sur la région, personnes et denrées. Au cours de la courte visite du souterrain, nous avons pu observer une partie du système défensif imaginé pour sécuriser le refuge. Les tunnels perdirent de leur utilité avec l’apparition des châteaux-forts avec lesquels les seigneurs monnayèrent la mise en sécurité des populations.
Certains de ces refuges devinrent plus tard des décharges publiques, exutoires d’une société de consommation naissante.


Nos pas nous conduisirent ensuite jusqu’à l’Eglise de Bossugan :
Dédiée à Ste Eulalie, elle serait de style roman tardif car les colonnes engagées sont très dégagées. L’église de fondation romane fut modifiée fin 11ième -début 12ième siècle. Au 12ième et 16ième siècle, les seigneurs locaux ont rajouté les chapelles latérales. Le porche est charmant. L’édifice a dû être fortifié. Mme Dard, maire de Bossugan, rappela l’intervention efficace de l’Architecte des Bâtiments de France qui l’a sauvé en faisant restaurer la toiture, lui évitant de tomber en ruine. Mme le Maire signala à notre attention l’originalité du mur bâti au milieu du chœur, séparant ce dernier de la sacristie. Autre source d’intérêt : la présence de peintures du 16ième siècle découvertes sous les enduits.

Notre escapade vers le château de Vaure nous amena à un lavoir alimenté par une fontaine, lieu de pèlerinages anciens. L’étonnant c’est qu’il semble éloigné de toute activité humaine, à une bonne distance de toute organisation sociale. Nous imaginons la somme d’efforts que durent produire les lavandières pour charrier leur linge, fusse avec une brouette sur des distances assez respectables. 

Le château de Vaure n’est pas cité par Léo Drouyn, car ce dernier était en froid avec les propriétaires de l’époque. Le château médiéval érigé sur cette hauteur exerça un contrôle sur les deux vallées à son pied (vallées de la Dordogne et de l’Escouache). Le château fut pillé, démoli, modifié pour être reconstruit par deux fois (en 1587 et en 1620). Les glacis (fossés sans eau) sont antérieurs au château médiéval. La bâtisse actuelle offre des façades disparates aux styles architecturaux différents. Nous noterons la présence d’une échauguette d’un quart de rond abritant l’escalier permettant l’accès à la tour de guet. Une façade est architecturée dans un style Renaissance tardive. Notre guide, M. Pierre Coudroy de Lille précisa qu’un escalier droit sur rampe permettait d’accéder à une galerie (idée très prisée dans le style Renaissance). Sur une autre façade, des balustres, début 17ième siècle, délimitent une cour haute, seigneuriale, qui domine la basse-cour réservée aux domestiques. Présence d’un bâtiment rappelant l’architecture d’un temple protestant. L’ensemble occupe actuellement un site doté d’un panorama magnifique. 

Notre traditionnel pique-nique eut lieu le long de l’allée d’accès au château pour profiter pleinement d’une vue splendide sur la vallée de la Dordogne. Une heure plus tard, nous avons dû nous résoudre à abandonner ce havre de douceur pour rejoindre la cave viticole de Ruche. Les chais du château de Vaure accueillirent cette cave coopérative dès 1932. 750 hectares de vignes sont vendangés produisant 40000 hectolitres de vin rouge (90 %) et vin blanc (10%) pour le compte de 75 coopérateurs et 15 châteaux. Les caves viticoles ne mélangent plus leurs produits depuis 30 ans : elles les personnalisent en fonction de la demande du propriétaire du château en accord avec l’œnologue appointé par la cave grâce à la mutualisation des moyens de production. Les vins sont profilés en fonction des goûts des consommateurs « ciblés ».


Le château de Brugnac (fin 15ième siècle) fut l’étape suivante. Nous ne pûmes le visiter, son propriétaire étant absent. Léo Drouyn a largement décrit et commenté ce château. Il serait bâti sur le site d’une ancienne villa gallo-romaine. Les premiers écrits évoquant le château dateraient de l’an 1079. Il est doté d’un magnifique donjon presque imprenable composé de trois salles superposées et reliées par un escalier en colimaçon débouchant sur une terrasse. Pour accéder au donjon, il faut emprunter un escalier situé dans une tour circulaire accolée à lui. Le bâtiment principal doté de fenêtres à meneaux daterait du 16ième siècle. Une chapelle seigneuriale est intégrée aux bâtiments. Des mâchicoulis présents sur la tour ronde permettaient de mieux défendre le donjon. Cette tour de guet offre une vue imprenable sur les alentours. Le château de Brugnac fut construit par Jourdain de Puch selon les ordres du Roi-Duc (Roi d’Angleterre et Duc d’Aquitaine) qui souhaitait mailler son territoire de constructions amies.
Ce château est considéré par quelques historiens locaux comme l’un des plus beaux du département.

Le traditionnel pot de l’amitié et son accompagnement musical assuré par le duo « la Formelle » (violon et accordéon diatonique) distrayaient un moment le public dans le charmant domaine de la Caussade, dont l’heureux propriétaire nous fit visiter les curiosités, notamment un magnifique escalier hélicoïdal s’enroulant autour d’une corde en pierre.
Il fit encore très beau sur la Fête à Léo.

Dominique Darquest



Canton de Pujols entre Gamage et Escouach à Saint-Pey de Castets, Bossugan et Ruch
Passer le week-end en Entre-deux-Mers libournais ? www.tourisme-castillonpujols.fr
...un riche patrimoine médiéval

• Journée découverte à pied du patrimoine médiéval des communes de Saint-Pey de Castets, Bossugan et Ruch, en partenariat avec la Municipalité de Saint-Pey de Castets, la Municipalité de Bossugan, l’Office de Tourisme de Castillon-Pujols et les propriétaires des domaines visités. 
> Visite guidée et commentée par Sylvie Faravel et Bernard Larrieu, avec la participation de Pierre Coudroy de Lille (Vaure).
09h30 : Accueil à l’église de Saint-Pey de Castets
Coteaux et moulins à vent
Église de Bossugan
Cave coopérative de Vaure
Château de Vaure
13h00 : Pique nique tiré du sac à Vaure
Lalène
Château de Brugnac
Hameaux de Pourjac et de La Houze
Eglise de Saint-Pey de Castets
18h30 : Domaine de La Caussade
Pot de l’amitié et final en musique.

Manifestation gratuite
Informations
Mairie de Saint-Pey de Castets
Tél : 05 57 40 52 16
Courriel : mairiestpeydecastets@wanadoo.fr

Office de Tourisme Castillon-Pujols
Bureaux d’accueil de Castillon, Rauzan et Gensac
Tél : 05 57 40 27 58 – 05 57 84 03 88 –
05 57 47 46 67
www.tourisme-castillonpujols.fr