L'association Les Amis de Leo Drouyn vous invite à découvrir dans de conviviales rencontres, sur les pas de l'artiste archéologue du XIXe siècle, le patrimoine girondin, ses richesses architecturales, artistiques, ses paysages et son terroir...

lundi 24 août 2009

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Sortie à Saint-Morillon 25 juillet 2009


L'église Saint-Maurille
Nous avions évoqué leur présence sur les bords de l’Eyre au Teich.
Nous avons trouvé des osmondes royales sur les bords du Gua-mort à St Morillon.
Première sortie à vélo inscrite au programme de la Fête à Léo 2009. Chambrée: 32 cyclistes, 45 participants aux visites commentées. Temps: beau. Accueil: sympathique. Intervenants de grandes qualités. Balade à vélo de type « familial » sans difficulté. 
Le café de bienvenue ne fumait pas encore lorsque les premiers cyclistes participants à la randonnée vélo investirent la place de l’église de St MorillonM et Mme Espeut nous ont accueilli simplement et chaleureusement. Les retardataires arrivèrent bien après le traditionnel « quart d’heure à la bordelaise » respecté par nos « accueillants ». La visite commentée, del’église  St Maurille, fierté communale, inscrite au registre des bâtiments classés, fut confiée à Carole Dupuis le Maréchal architecte, chargée, par la mairie d'assurer la rénovation de l’édifice. Ce dernier a fait l’objet de rajouts pendant six à sept siècles entre la fin du 12 ième siècle et le 19 ième siècles.  Les agrandissements successifs soutenus financièrement par les différentes autorités qui se sont succédées sur ce site confirment une pratique religieuse assidue ayant perduré. Cette église fut dessinée par Léo Drouyn en 1857. Il souligna l’élégance de l’abside.   Photos de Patricia Ghilardi 

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Saint Roch
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La Vierge


Notre intervenante a mis en exergue, elle aussi, l’abside polygonale romane décorée de modillons  ainsi que le « mur clocher » assez massif pour résister au lancé franc d’une des deux cloches. A l’intérieur, entre autres pièces remarquables, nous avons observé l’Autel de St Roch ( saint très sollicité au cours des épidémies de peste ), un grand retable en bois polychrome, l’Autel du 17 siècle, classé, les belles sculptures de St Jean et St Jean Baptiste classées elles aussi, une « Vierge à l’enfant » du 14 siècle. Les deux personnages sourient ( assez rare pour être signalé ). Autres curiosités avec le tableau « Procession devant l’Autel » de Pierre Gaston Rigaud peintre local et surtout la « litre » de Montesquieu ( bande noire peinte sur les murs extérieurs et intérieurs après la mort du seigneur local). Ici quelques centimètres subsistent enrichis des armoiries de ce dernier. 


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Maréchal-ferrant
Après cette visite riche en informations,  nous enfourchâmes nos vélos afin de visiter le dernier « travail » local à ferrer les bœufs et les chevaux  encore en état de fonctionner. Après de courtes explications fournies par la fille du maréchal-ferrant nous avons rejoint M Cyrille Greaume au pied d’un petit pont de pierre enjambant le Gua-mort. Plusieurs hypothèses concernant l’origine du nom du ruisseau furent évoquées.  Pour mémoire, je retiendrai celle concernant l’évocation d’une eau dormante. 




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Gat Mort
Le scientifique revisita l’histoire de ce ruisseau et de son impact sur les paysages qu’il façonna. Nous apprîmes qu’il prenait forme au nord d’Hostens (Landes) pour se jeter quarante kilomètres plus loin dans la Garonne entre Castres et Beautiran. Nous sommes allés à sa rencontre  en nous rendant sur le pont du Piron ( en bois ). Ce dernier a changé d’aspect depuis que Léo l'a dessiné. Les lieux magiques qui animaient ces bois ont touché l’artiste. Une vingtaine de dessins les décrivent, autant de témoignages de l’attachement que Léo vouait aux arbres et aux paysages d’eau. Cet « estey » local accueille des anguilles, lamproies, aloses écrevisses dans des eaux dont la qualité s’améliore depuis quelques années. La géologie spécifique aux sites traversés par le ruisseau fait que ce dernier draine naturellement du sable. Malheureusement, l’agriculture intensive et une urbanisation pas toujours bien contrôlée augmentent considérablement les apports en  sable. Ponctuellement, les niveaux du lit du ruisseau ont été rehaussés entraînant des inondations lors des fortes chutes de pluie. Les berges sont souvent occupées par des frênes, des robiniers dont les racines consolident ces dernières. Les chênes pédonculés ont investi les bois traversés par le Gua-mort,
Au cours de cette sortie, les intervenants avaient pour mission d’évoquer l’évolution paysagère au fil des siècles. Ils le firent en insistant sur la présence de treize moulins en activité sur le ruisseau du Gua-mort, confirmant la présence de terres cultivées, de paysages aujourd’hui disparus remplacés par des forêts de pins, des bois de feuillus. Le Moyen Age fut nourri par les troupeaux. Les vignes au « joual » ( rangs de vigne suffisamment espacés pour permettre la culture potagère entre eux ), le blé, le maïs, les bois de taillis accompagnèrent ensuite le Gua-mort dans son parcours. Napoléon III entre les années 1850-1860 imposa la plantation de pins maritimes au détriment de la polyculture traditionnelle. Les paysages changèrent à nouveau d’aspect pour devenir ceux que nous connaissons actuellement. 



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Moulin du Carat
Ces voyages dans le temps « creusèrent » les appétits. D’un coup de pédale, nous avons rejoint le Moulin du Carat ( ex propriété de Montesquieu ) pour une présentation détaillée de son fonctionnement. Anne Marie a eu le loisir, d’admirer dans le parc une « palanquette » ( petit pont suspendu ). Les pique-niques tirés du sac, en bordure du Gua-mort confortèrent la convivialité ambiante. 




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Statue de Jeanne d’Arc
Pour faciliter la digestion, nous entreprîmes de rejoindre, avec nos bicyclettes, le château Plantat, La bâtisse est placée sous la protection d’une statue de Jeanne d’Arc armée. Plusieurs campagnes de recherches archéologiques dans la propriété ont mis au jour des fossiles intéressants. M. Bordessoule, géologue de son état, nous guida à travers une époque ancienne qui exista avant que ne débuta l’histoire, Le scientifique s’attacha à nous rendre son propos clair et attractif. Je résumerai ce dernier de la façon suivante: 
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M. Bordessoule
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Fossiles

En des temps très loingtains, le réchauffement planétaire naturel fit monter le niveau des eaux qui inondèrent les terres côtières. Les marées charriant du sable provoquèrent la création de lagunes refuges pour une faune très variée. A Plantat ( mollusques, poissons, requins d’eau douce, barracudas, coraux, oursins ect…). Nouvelle période de refroidissement. Les eaux se retirèrent laissant captive une faune qui a disparu progressivement. Cette dernière se sédimentera ( les parties solides des corps, os, résistent à l’oxydation ) pour se fossiliser dans certaines couches géologiques permettant la datation de ces fossiles ( à Plantat: 23.5 millions d’années ). 





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Château Belon












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Dégustation au château Belon


Il était temps de poursuivre notre route. Le peloton de cyclistes repris son mouvement en direction du château Belon ( Graves Aoc ). En présentant son domaine, le propriétaire nous précisa qu’il est planté de chênes américains qui servent à faire la futaille ( barriques). La dégustation qui s’en suivit fut très appréciée. 




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Château Flouquette
Ravigoté par ce « dopage » autorisé et raisonnable, les « deux roues » se rendirent au Château Flouquette ayant appartenu au célèbre professeur Bergonié. L’actuelle propriétaire, nous fit l’honneur du parc et des dépendances du château aménagées en chambres d’hôtes. 






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A la mairie de Saint-Morillon
Nous quittâmes ce « havre de douceurs » pour regagner en vélo la salle du conseil municipal de la mairie de St Morillon. Mme le Maire nous y invita à lever le verre de l’amitié au milieu des tableaux de Pierre Gaston Rigaud ( 1874-1939) « l’enfant du pays ». Dans le jargon cycliste nous aurions dit « le régional de l’étape ». Peintre post-impressionniste, surnommé« l’homme des cathédrales » en raison des nombreux travaux effectués dans des édifices religieux du même nom ainsi que sur les vitraux des cathédrales de Chartres, Bourges et de bien d’autres.  De son vivant il a vendu peu de tableaux. Il partagea un studio parisien avec Toulouse Lautrec, aidant les jeunes artistes peintres avec ce dernier. Ces œuvres représentent essentiellement des scènes de la vie quotidienne d’un village au début du siècle dernier.
Cette note picturale a représenté la « touche finale » d’une journée ensoleillée, plaisante à vivre dans la droite lignée des journées de la Fête à Léo.
Souvenez vous qu’il fait toujours beau sur la Fête à Léo.
A bientôt, au plaisir de vous retrouver. 

Dominique D.




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– A vélo à Saint-Morillon !
Départ : église de Saint-Morillon – 09h00
Journée de découverte de la commune de Saint-Morillon...à vélo, pour aller partout, sur le Gua-mort, beaucoup dessiné par Léo, et en forêt, dans le vignoble ou le bocage ! Évocation de nombreux thèmes, naturels et historiques tout au long de la journée. Pique-nique au bord du Gua-mort et visite de châteaux viticoles...