L'association Les Amis de Leo Drouyn vous invite à découvrir dans de conviviales rencontres, sur les pas de l'artiste archéologue du XIXe siècle, le patrimoine girondin, ses richesses architecturales, artistiques, ses paysages et son terroir...

lundi 10 août 2009

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Sortie à Monségur 7 août 2009

Monségur by night.
Chambrée : Certainement la participation la plus importante de tout le programme des Fêtes à Léo. Trois cent soixante spectateurs, marcheurs (au départ, plus pour assister au concert final ) se sont déplacés pour visiter la célèbre bastide. Temps : doux. Intervenants : de qualité. Marie Claude Jean, Arlette Bonnefond, Pierre Barbe, Jean Marie Marniesse. Ambiance : amicale, inhabituelle en raison de l’heure tardive de la visite ( 21h30 ) et du nombre de visiteurs.
Les participants à La Fête à Léo dans le cadre des scènes d’été 2009 en Gironde avaient rendez-vous vendredi soir, 7 août, place des Tilleuls à Monségur, pour une visite nocturne commentée de la bastide girondine à la lumière des flambeaux, bougies et autres feux de Bengale.

Les musiciens locaux assurèrent les respirations musicales qui animèrent le parcours en nous proposant un programme varié. Pour mémoire citons, C.Coste à l’accordéon, P.Herrero, D.Bielsa, les « sonneries » des cuivres. Le concert final au cœur de l’église Notre Dame assuré par le « quintet de cuivre Bruno Bielsa » illustra l’éclectisme musical annoncé en début de soirée. Au programme des extraits de « West Side Story » de Léonard Bernstein (1918-1980), des extraits de « Tannhaüser » de Richard Wagner ( 1813-1883), des extraits de « Huit et Demi » de Frederico Fellini, un Ragtime Brass ( genre musical d’origine américaine ,très populaire dans les années 1900 ). La qualité des musiciens ( tous professeurs enseignant dans les différents conservatoires locaux ) ajoutée à leur interprétation remarquable enthousiasmèrent la public qui rappela trois fois de suite « standing ovation » à l’appui, les artistes du Quintet de cuivre ( un trombone, deux trompettes, un cor d’harmonie, un tuba ) .


Tout au long de la visite nocturne, des pauses musicales succédèrent à des haltes prétexte à faire l’éloge de célébrités locales.

Ainsi, nous eûmes droit à un portrait de Louis Simon Faurie ( 1824-1871) monségurais de naissance. Ordonné prêtre, il exerçat son sacerdoce essentiellement en Chine. Il siégea au concile Vatican 1 dont il fut le secrétaire. Un buste de ce dernier, dans l’église de Monségur perpétue le souvenir de l’ecclésiastique. Il y est représenté arborant les attributs pileux et de coiffe à la mode à cette époque en chine.


Les « projecteurs » mirent en lumière, au cours d’une nouvelle halte, un autre résidant de la bastide en la personne de Bendall Manley ( 1876-1966). Britannique d’origine, vivant à Bordeaux il s’établira à Monségur. Il y rédigea une monographie sur l’histoire de la bastide. Il avait de multiples passions notamment l’océanographie et la météorologie. Il contribuera ainsi à l’établissement d’une carte du bassin d’Arcachon et à la mise en place de postes d’observations météorologiques.


A nouveau une halte pour évoquer la présence du buste de Georges Rouhet ( 1854-1946) érigé à l’entrée de la ville. Médecin pratiquant la gymnastique avec assiduité. Il exerça dans la citée incitant ses patients à faire des exercices physiques réguliers pour leur éviter de tomber malade. Il est considéré comme un des fondateurs de la gymnastique naturelle. Dresseur de chevaux, accoucheur, il fut aussi un écrivain qui aura cédé, par moments, dans certains de ses textes, à un racisme primaire doublé d’une misogynie déconcertante qui ont terni la réputation de ce monségurais.

Ce soir-là nous avons fait connaissance avec une des huit bastides de Gironde. Pour mémoire rappelons quel type de ville se cache derrière ce vocable.
Bastides: Villes nouvelles, du sud ouest de la France médiévale, fondées ( de 1222 à 1373 ) par des seigneurs dans le but de développer des échanges, établir une administration, contrôler les populations locales. Les jurats ( représentants officiels de la population ) régissent la vie au quotidien des populations conformément à une charte signée conjointement par les seigneurs et les représentants des habitants de la citée. Le plan d’urbanisme organise la vie autour d’une place centrale où les rues se coupent à angle droit.


Ce fut le cas de la bastide de Monségur dont la Charte fut paraphée en 1265 par Eléonore de Provence épouse d’Henri III Plantagenêt, roi d’Angleterre alors que ce dernier est prisonnier londonien. La reine attribua à chaque colon un terrain à bâtir, un jardin, un lopin pour la vigne desservis par des rues de huit mètres minimum de large. C’est sur un promontoire dominant la vallée du Drot que fut établie la bastide afin de lui permettre de bien se défendre notamment contre les Capétiens agenais. D’imposants remparts encore visibles de nos jours protégèrent la cité justifiant son nom qui signifierait « Mont où on est en sécurité ».

Profitant d’une halte au cours de notre marche nocturne, Mme Jean contesta le témoignage que Léo Drouyn ( 1816-1896) fit après sa visite de la citée. Le scientifique préféra la lecture des archives communales à la visite de la ville. « De la bastide de Monségur il ne reste que le plan. Elle n’a plus rien qui puisse attirer l’archéologue. Son plan seul, qui est à peu près le plan tracé au XIII siècle, est digne d‘intérêt. Quoiqu’il ne reste que fort peu de choses des murs de clôture, on peut aisément reconnaître la place qu’ils occupaient…. ». Cependant, Léo ajoute : « si des maisons neuves ou badigeonnées, des rues et une place propres et bien entretenues constituent une jolie ville, Monségur peut revendiquer ce titre. »


A la lecture de ces écrits, notre intervenante affirma que Léo était passé à côté de son sujet. Qu’il n’avait pas observé l’essentiel, les remparts notamment. Léo Drouyn n’aima pas les bastides. Il le confirmait ici à travers ses écrits.

Les lumières des flambeaux et des feux de Bengale animaient des ombres déformées, dansantes sur les murs de la Bastide de Monségur. Cette soirée, sous un ciel étoilé avait un petit côté féérique qu’il nous plairait de revivre dans d’autres bastides girondines.
A bientôt si "le cœur vous en dit".
Dominique D.


– Monségur


Départ : Halle de Monségur – 21h30 – nocturne à pied


Découverte de la bastide de Monségur avec nos amis du GAHMS et une population locale mobilisée pour éclairer sa belle cité de mille lampions. Une découverte toujours nouvelle et inattendue, dans l'ambiance chaleureuse de Monségur, avec sa promenade nocturne aux flambeaux !


9 août : Cliquez sur ce lien 
 2009 08 07 programme parcours.pdf  
 pour avoir plus de détail sur la balade et une explication de ce qu'est une bastide.

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