L'association Les Amis de Leo Drouyn vous invite à découvrir dans de conviviales rencontres, sur les pas de l'artiste archéologue du XIXe siècle, le patrimoine girondin, ses richesses architecturales, artistiques, ses paysages et son terroir...

mardi 28 juillet 2009

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Sortie de l'UA Teich 19 juillet 2009



Photos de Jacques Audé 
La balade dominicale à la découverte de la Leyre et de son delta dans leur écrin naturel constituait une nouveauté dans le programme de la fête à Léo.
Chambrée : 64 marcheurs. Temps : Matin , couvert à ensoleillé. Après midi : ensoleillé à chaud, l’air du bassin adoucissant la température. Ambiance : bon enfant. Accueil et
prestations des intervenants : de grande qualité. Un regret, toutefois : l’absence du « traditionnel pot de l’amitié » ( a manqué à beaucoup ) 
« les traditions ça se respecte », « on s’y habitue » « ça finit bien la journée », réflexions entendues. Intervenants : Yves Petetin ( érudit local ), Jean Lannes (guide nature), animateurs de la maison de la nature. Journée consacrée à la faune et la flore en milieu humide.


C’est au port du Teich, que les marcheurs du jour partagèrent le « café de bienvenue » au son d’une musique autant imprévue qu'inappropriée rendant partiellement "inaudibles" les propos de nos hôtes. Le Pdt de l’office du tourisme du Teich nous a accueillis avant de dresser un rapide historique de la création du port dont il fit une courte lecture paysagère. Retenons, que le « ruisseau du bourg » constituait l’ancien port ostréicole. Ce dernier abritait dix-huit cabanes de pêcheurs. Aujourd’hui, les aménagements successifs ont transformé le site en port de plaisance et de loisirs. Inauguré en 1984, 170 « anneaux » ( emplacement pour bateau ) restent, pour longtemps encore, une réponse déficitaire à une demande toujours pressante. C’est aussi le port du Bassin d’Arcachon le plus éloigné dans les terres. Il doit être régulièrement désensablé. Les sorties en bateaux doivent se faire sur une journée ( deux marées ). Ces raisons expliquent le coût modéré et concurrentiel d’un emplacement pour bateau sur ce site. 



Le groupe fut scindé en deux parties afin d’assurer une meilleure qualité d’écoute et d’observation du milieu au cours de la journée. La matinée fut consacrée à la visite commentée de l’ Eyre autour du 'parc ornithologique'. Nous avons cheminé le long du sentier du littoral accompagnés par les roseaux phragmites à la rencontre de chênes pédonculés, de saules et de quelques aulnes miraculeusement épargnés par les deux dernières tempêtes. Les haies arbustives défensives, les taillis inextricables, bordant notre chemin accueillent pêle-mêle, du chèvrefeuille ou camérisier, des prunelliers appelés aussi « buissons noirs » ou « épinette », arbrisseaux épineux, sauvages produisant des prunelles, de nombreux églantiers issus d’une grande famille très ancienne, une plante buissonnante le baccharis ou séneçon arbrisseau plante buissonnante et bien d’autres espèces toutes aussi remarquables et invisibles à un œil non averti.
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Cette zone humide que nous traversions héberge une faune sédentaire mais aussi de nombreux oiseaux migrateurs observables au cours des périodes de « transhumance aérienne ». Notre guide nous présenta entre autres espèces des hérons cendrés, des cormorans immobiles, juchés sur leurs piquets , séchant leurs ailes, des cygnes tuberculés qui prolifèrent parce que trop protégés, des petites et grandes aigrettes, de nombreux canards, des foulques noirs. Dans les airs, les hirondelles des marais en grand nombre sur le site nous font admirer leur maîtrise de la voltige. Quelques ragondins signalèrent leur présence. Des cistudes « bronzaient » sur des pierres chauffées par l’astre du jour. Des soles, mules et mulets furent observés notamment à l’écluse « la Nouvelle » une de celles empruntées au cours de notre parcours. Au bénéfice de l’interruption d’une haie, nous avons observé deux pêcheurs debouts dans leur barque, pêchant l’anguille locale à la « fouëne » ( bâton emmanché d’une fourche trident ).

Nous empruntions la partie du chemin du littoral longeant le Bassin d’Arcachon lorsque l’air du large donna à notre guide l’envie pressante…de nous conter l’histoire de l’huître du Bassin. Il le fit avec sa verve toute personnelle. Nous apprîmes que l’huître était appréciée des Grecs. Que ( l’ostreidae ) aurait « colonisé » accidentellement le Bassin d’Arcachon, amenée par les marées océanes après avoir été jetée à la mer au large des côtes aquitaines à partir d’un bateau en difficulté au cours d'une tempête. Ce dernier devait livrer ces huîtres en Irlande. Nous devons à Napoléon III, vers 1750, l’établissement d’une réglementation précisant l’art d’élever des huîtres. Que celles du Bassin, malades furent remplacées par l’huître dite de souche « Portugaise ». Qu’entre 1850 et 1860, le mécano Michelet et l’ingénieur Coste firent progresser la culture de l’huître grâce à leurs découvertes respectives notamment le « chaulage ».

P1050850_modifiéL.JPGNous observions paisiblement la marée combler inexorablement le Bassin d’Arcachon lorsque soudainement notre guide dirigea nos regards vers un banc de sable où les traces multiples révélaient l’activité de vers à sable. Il fit aussitôt le « parallèle » avec la mye ( couteau ) dont les trous ovalisés trahissent la présence dans la vasière. 


Nous devions rejoindre à présent l’église du Teich pour assister à une visite commentée de l’édifice par M Yves Pétetin. Cette étape ultime de notre balade matinale précèderait le traditionnel pique nique.
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Au cours de notre déplacement nous avons espéré entrevoir le château Ruat. Ce ne fut pas le cas. Déjà l’église teichoise s’imposait à nous. De style néo roman, elle fut totalement restaurée de 1922 à 1924, les travaux financés par des fonds publics. Elle abrite trois objets classés « monument historique ». Deux statues en bois polychrome du 17 siècle, l’une de St Jacques de Compostelle, l’ autre de St Roch et un Christ en croix du 16 siècle. Autre richesse visible avec la copie d’une « Vierge à la chaise » dont l’original de Raphaël se trouve au Palais Pitti de Florence. Autre curiosité avec la présence d’un ambon ( pupitre de prédication ) en pierres sculptées avec finesse. Treize vitraux offerts par des familles du Teich lors de la reconstruction de l’église complètent cette énumération. Notons encore l’omniprésence de pines de pins comme motifs de décoration. 


Afin de faciliter, la digestion du pique nique, le guide proposa au groupe de prendre un peu de hauteur en gravissant le « terril de sciure » reliquat des scieries locales. Au sommet de ce « belvédère » nos regards ont embrassé le parcours que nous allions effectuer tout au long de l’après midi dans le delta de la Leyre et dans les prés salés du Teich. Au cours de cette balade, nos guides évoquèrent évidemment succinctement la Leyre. Cette dernière, née au nord de Mont de Marsan ( Landes ) parcourt 90 km avant de rejoindre le Bassin dans un delta de même nom . Tout au long de son itinéraire, elle accueille de nombreux affluents devenant l’éxutoire d’un bassin versant estimé à 1800 km2 justifiant pleinement son débit capricieux. Cette petite rivière fut au 18 siècle une voie navigable utilisée notamment par la filière bois. Actuellement tournée vers l’activité touristique ( canoës ) ses eaux charrient malheureusement les traces de la pollution résiduelle liée à l’activité agricole intensive des régions qu’elle traverse. L’origine de son nom n’est pas clairement identifié. Nous n’épiloguerons pas d’avantage.


Au cours de la balade, notre érudit évoqua la présence (rare), dans cette forêt de l’osmonde royale une des plus vieille plante du monde. Petite discussion à la finalité incertaine : Etait ce un gynérium ou un roseau cigare que nous avions sous les yeux? Il semblerait que ce fut le second. Chemin faisant notre savant autodidacte évoqua encore l’action menée conjointement par quatorze propriétaires qui fondèrent sous Louis Philippe, l’association des Prés salés qui perdure encore. Il évoqua encore la création du Domaine Fleuri interdit à la chasse par quatre paysans visionnaires avant l’heure. Alors que nous abordions la fin de notre périple, un des animateurs du parc ornithologique nous attendait avec sa lunette fixe pour une divine surprise visible dans l’œilleton de cette dernière. Des spatules ( oiseaux au bec en forme de spatule ) dont la présence est rare et un cormoran posaient devant l’objectif ( à bonne distance toutefois ).


Comblés autant par cette vue exceptionnelle que par les commentaires éclairés de l’intervenant, nous avons regagné la salle multimédia teichoise pour une présentation en images de la réédition du volume 3 des albums de dessins de Léo Drouyn intitulé : « Le Bassin d’Arcachon et la Grande Lande ». Bernard Larrieu s’est attaché à dresser un rapide portrait de l’artiste, a souligné le coup de foudre de Léo pour cette « oasis liquide », cette « Tahiti bordelaise », a relevé le travail de mémoire, d’ethnographe, réalisé par Léo convaincu à l’époque de l’imminence de la disparition de cette société qu’il observait et qui vivait ses dernières années. M. Deluga député maire du Teich, admirateur de L. Drouyn de la première heure, acquiesçait aux propos de Bernard Larrieu.
Une journée de Fête à Léo de plus, en tout point conforme à l’esprit recherché par l’association. De nouveaux(elles) marcheurs (ses) ont rejoint la Fête à Léo.
Vivement la prochaine sortie.
Dominique D.


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– une première ! au Teich, sur les sentiers du littoral et en val de L'Eyre...


Départ : au Port – 09h30 – à pied
Journée découverte en Val de L'Eyre, sur les sentiers du littoral, autour du parc ornithologique et dans le delta de l'Eyre, en partenariat avec l'Office de tourisme, la ville du Teich et la Maison de la Nature. Présentation par Bernard Larrieu des dessins de Léo Drouyn sur le Bassin, à l'occasion de la réédition du volume 3 de Léo Drouyn, Arcachon et la grande Lande. Possibilité d'huitres et d'Entre-deux-Mers sur le port au final !