mercredi 9 juin 2010

Excursion à Saintes 24 avril 2010


[WWW]Photos de la journéé d'Yves Carlier
Le commentaire de cette sortie printanière des Amis de Léo est en deux parties :

    I - Les impressions personnelles retenues de cette excursion 
    II - Les éléments historiques, repris de documents fiables, pour en conserver une trace rigoureuse

I – IMPRESSIONS PERSONNELLES DU VOYAGE A SAINTES

A - VOYAGE ET ORGANISATION


Par une belle matinée de printemps, nous prenons le bus à Mérignac ou à Saint André de Cubzac, pour aller à Médiolanum (Saintes).
Ville qui a vu passer Léo Drouyn, revenu de Barbizon, et surtout inspiré par les paysages, comme le prouve « Vues de Saintes et de la Charente ». C’est sa période de recherche de « … beaux sites, dits pittoresques ».
En effet, ce recueil concerne des paysages charentais sans gravures médiévales. Frédérique FORTELLI-ZAVIALOFF, dans sa préface, nous précise « qu’il ne se spécialisera que plus tard, après avoir recherché pour l’église de Loupiac en Gironde l’origine des emblèmes… » . Or, cette version n’est pas réaliste selon Bernard LARRIEU, qui nous a indiqué préalablement que: « C’est pour travailler, avec son ami Charles Des MOULINS qu’ils partent séjourner à Saintes afin de préparer un des premiers colloques de la Commission des Monuments Historiques, qui devait se tenir à Angoulême ».
Autre détail : ils sont accompagnés d’un érudit local, l’abbé LACURIE, aumônier au collège de Saintes.
A notre arrivée à l’Abbaye aux Dames, nous sommes répartis en deux groupes :
1. Le premier avec M. Jean-Pierre PROUZAT se dirige vers l’Arc de GERMANICUS,
2. Le second, avec Mme Marie CHATON commence par l’Abbaye, dont nous pourrons même visiter le clocher, ainsi que le « balcon de l’Abbesse et des malades ».
Sources:
“ Vues de Saintes et de la Charente” de Léo DROUYN.. Musées de Saintes / William Blacke & Co Edit. 1991

B - VISITE DE L’ABBAYE-AUX-DAMES


La visite de ce monument commence par une présentation globale de Mme Marie CHATON, qui nous rappelle son historique, avant de nous proposer une visite de l’église, après avoir traversé le jardin, et observé l’extérieur du bâtiment.
A la suite de la présentation du porche, joliment décoré, nous pénétrons dans l’église où le « chemin de croix » est matérialisé par des toiles tissées récemment par les membres de l’association de sauvegarde, sous la conduite d’un prêtre local et artiste !
Nous apprenons ainsi les spécificités de cette église, et apercevons à l’étage une niche qui permettait à l’Abbesse, et aux moniales malades, de participer aux offices.
Ressortis de l’église, nous découvrons les vestiges du cloître, mais surtout, entrons dans le bâtiment central dans lequel nous pourrons :
1. regarder une exposition sur l’histoire de l’abbaye,
2. monter au clocher,
3. aller dans la niche du premier étage réservé à l’Abbesse et aux malades !
Nous partons ensuite vers l’Arc de Germanicus.

C – L’ARC DE GERMANICUS


Au sortir de l’abbaye, nous empruntons l’itinéraire de l’ancienne voie romaine, jusqu’à la Charente pour voir ce joli monument romain, sauvé de la destruction par Violet Le Duc !
Malheureusement, il est en assez mauvais état, et les travaux actuels de la place ne nous permettent guère d’approcher. Nous apprenons toutefois, qu’au milieu du XIX ème siècle, il était encore situé sur le pont qui fut alors détruit, pour être remplacé par l’actuel plus en aval.
Nous devions passer au Musée Archéologique, mais comme il est fermé, à cause des travaux et des intempéries de la veille ; c’est avec un peu d’avance que nous partons déjeuner à l’Auberge de Jeunesse, à côté de l’abbaye.
Après un repas agréable, c’est donc en avance sur l’horaire que nous repartons vers le centre ville, traversons la rivière et arrivons à la cathédrale.

D – LA CATHEDRALE SAINT PIERRE


Notre petite avance nous permet, au passage, d’admirer la cathédrale Saint Pierre, située au cœur de la vieille ville. Sa fondation est attribuée à Saint EUTROPE, bien que la date du premier édifice chrétien ne soit pas connue, et qu’il ne reste rien de l’édifice du VI ème siècle élevé par l’évêque PALLAIS.
Cette belle cathédrale dédiée à Saint Pierre a succédé au XII ème siècle à une église plus ancienne, mais de cette époque ne subsiste que la coupole du croisillon sud, les Guerres de Religion l’ayant beaucoup endommagée !
Nous retiendrons surtout :
· sa façade extérieure, décorée d‘un très beau portail occidental,
· son clocher d’une hauteur de 72 m,
· et son orgue…

E- L’AMPHITHEATRE


Le passage par la « ville haute », plus court chemin pour rallier l’amphithéâtre,
nous a permis de nous réchauffer par la montée des marches, puis de savourer la douceur d’un
parcours ombragé pour parvenir à destination !
Commencé sous le règne de TIBERE, il est terminé vers 40 après J.C. sous celui de CLAUDE.
Sa capacité devait être de 15 000 places… soit toute la population de la ville !
C’est l’importance la ville dans la romanisation de la province, qui a conduit très tôt à son
implantation.
Après le III siècle, la ville en déclin, se réfugie derrière ses remparts, et il se retrouve en rase campagne… avant de servir de carrière au Moyen Age.

F – L’EGLISE SAINT EUTROPE


Sur Wikipédia, son histoire est ainsi présentée :
« L'on sait relativement peu de choses au sujet de Saint Eutrope, la date même de son épiscopat demeurant incertaine. Une tradition en fait un missionnaire apostolique originaire de Grèce ou de Perse, envoyé par le pape Clément Ier convertir à la foi nouvelle les habitants de l'actuelle Saintonge. Ainsi, selon cette hypothèse, Eutrope aurait vécu au Ier siècle et aurait été l'un des premiers organisateurs de la communauté chrétienne naissante.
Une seconde hypothèse en fait un contemporain de l'empereur DECE, vers le milieu du IIIe siècle.
Ces imprécisions ne doivent cependant pas occulter son action d'organisateur des premières communautés chrétiennes de la région : il est ainsi reconnu par l'église catholique romaine comme le premier évêque de Saintes. »
Cette église est surprenante par l’existence initiale de 3 nefs communicantes, détaillées dans les documents techniques de la partie III du présent commentaire.

G - LE MUSEE DE L’ECHEVINAGE


Avant de reprendre l’autobus pour rentrer en Gironde, nous traversons le « Vieux Saintes », et pouvons admirer quelques jolies maisons anciennes. Puis nous sommes devant le bâtiment de l’Echevinage, ancré au cœur du centre historique de la ville, qui remonte au XVe siècle.
« Cette époque qui voit le retour à la paix civile après les ravages de la guerre de Cent Ans, est aussi celle de la confirmation par le roi Louis XI de la charte communale accordée en 1199 par la duchesse ALIENOR D'AQUITAINE. De ce premier édifice, seul témoigne la base octogonale du beffroi, dont les parties supérieures sont postérieures de près d'un siècle. Couronné d'un dôme à lanternon, il est achevé en 1587. »

II – ELEMENTS HISTORIQUES DEVELOPPES DU VOYAGE A SAINTES

I – VISITE DE L’ABBAYE-AUX-DAMES


1. Faits marquants de l’Abbaye :
Fondée au XI ème siècle par Geoffroy MARTEL, Comte d’ANJOU, et sa femme Agnès de BOURGOGNE., elle fut consacrée en 1047 à « Notre Dame et Christ Sauveur » et, dès cette fondation, richement dotée.
Elle rayonna sur la Saintonge pendant huit siècles, et compta jusqu’à cent religieuses. Mais, malgré sa puissance, elle connut des malheurs :
· La Guerre de Cent Ans, qui provoqua la destruction de son cloître,
· Et en 1568 les Huguenots entamèrent la destruction de la façade de l’église abbatiale, la limitant au seul fronton !
Cette phase se déroula du temps de Françoise Ière de La ROCHEFOUCAUD, qui succéda à sa sœur Jeanne de La ROCHEFOUCAUD. Mais, c’est grâce au frère, pourtant farouche partisan de cette démolition et aux ordres du Duc de CONDE, que l’Abbesse obtint qu’il surseoie à la destruction !
Puis après avoir gouverné cette maison d’une manière pleine de sagesse et de prudence, durant 47 ans, elle mourut le 27 avril 1606, âgée de 79 ans.
Cette période fut aussi marquée par des incendies importants, en 1608 et 1648.
Le dernier, du temps de l’Abbesse Françoise de FOIX, l’une des plus célèbres de l’Abbaye, lui permit de reconstruire l’ensemble de bâtiments en pierre, dont la salle des moniales, en dessous de laquelle était située une vaste salle en berceau, et au-dessus, deux autres niveaux :
· Au premier, un dortoir de cellules
· Au second, des combles.
· Elle fit aussi aménager une pièce au premier étage afin qu’elle, ou les moniales malades, puissent assister aux offices.
2. Fin des moniales et continuité :
Au XVII ème siècle, un certain relâchement se fait sentir au niveau du couvent où subsiste seulement une quarantaine de moniales….
A la Révolution, l’abbaye est transformée en prison, puis, par un décret impérial de 1808, en caserne. Ce n’est qu’en 1924, que la ville la rachète au Ministère de la guerre, pour confier à Maurice GOUVERNEUR les premières restaurations.
Rendue au culte en 1939, elle est aujourd’hui affectée à la musique dans le grand bâtiment principal :
· Le rez-de-chaussée est consacré essentiellement aux salles de réception
· Le premier étage est attribué à l’association qui gère le festival annuel de musique classique et contemporaine, ainsi qu’aux artistes en résidence,
· Les deux étages suivants sont dévolus au Conservatoire de Musique de la Ville de Saintes.
3. Une architecture de sculptures romanes typiques :
Sources :
Site Wikipédia – « Abbaye aux Dames. » :
L’église consacrée en 1047 a très vite subi d’importantes modifications, en particulier :
· Au XI ème et jusqu’à la moitié du XII ème, l’édifice initial, caractérisé par une nef séparée des collatéraux par deux colonnades et un transept qui s’ouvrait sur deux absidioles et sur un cœur semi-circulaire, peu profond.
· L’ensemble est couvert d’une charpente en bois.
· Puis les principaux travaux vont concerner :
i. La reprise du clocher, à base carrée, est ponctuée de quatre lanternons. Au-dessus, nous trouvons un niveau à 12 pans, percés d’élégantes baies géminées, le tout coiffé d’un cône couvert d’écailles, inspiré des tombeaux antiques en forme de pomme de pin.
ii. Les piles de la croisée du transept sont alors consolidées, et le maître d’œuvre conçoit une seconde coupole, percée d’un oculus, pour le passage des cloches.
iii. Les murs latéraux de la nef sont doublés d’arcatures, car il fut aussi décidé d’agrandir le vaisseau et de le couvrir de coupoles sur pendentifs.
iv. La nef, unique, fut allongée à l’ouest, et six massifs furent chargés de supporter la masse des coupoles.
v. Le cœur est lui aussi modifié, puisqu’il est allongé, le sanctuaire est clos par une abside voûtée en cul de four, et de grandes baies, en plein cintre, éclairent le coeur.
vi. Ce n’est qu’au XV ème siècle que sera édifiée la sacristie.
vii. L’incendie de 1648 en particulier ruine les plafonds des coupoles, qui ne seront pas remplacés, et sont toujours bouchés par la couverture de pierres romanes.
Dessin : Jean-Claude Chambrelent – Fiche « Abbaye-aux-Dames ».
· Quelques remarques sur la façade :
a. Façade du XIIème, tripartite, elle se compose de trois niveaux :
i. Au premier, le portail central sans tympan entouré de deux portails latéraux aveugles
ii. Ce même rythme est retrouvé au deuxième niveau,
iii. Alors que le troisième est composé d’un fronton, orné des armoiries de l’abbesse qui s’est battue contre sa démolition au XVI ème siècle, Françoise de La ROCHEFOUCAUD.
b. Du grand intérêt du programme sculpté :
i. En reprenant les fiches de découverte du patrimoine urbain, nous avons l’explication suivante : « Au centre, de bas en haut, les voussures représentent la main de Dieu portée par deux anges bénissant le fidèle qui pénètre dans l’église, l’agneau crucifère accompagné du symbole des quatre évangélistes : l’Ange (Saint Mathieu), le Bœuf (Saint Luc), l’Aigle (Saint Jean) et le Lion (Saint Marc)…. »
ii. « A droite, sur l’arcade se développe la Cène, avec au centre le Christ, entouré de quatre apôtres à sa droite et huit à sa gauche, suivis d’Adam et Eve. »
iii. Sur le portail gauche, « le Christ bénit le premier des cinq personnages qui l’entourent. Il s’agit là d’une scène symbolique, présentée dans un milieu naturel évoquant le Paradis... »
4. Autres remarques sur l’abbaye :
Derrière le bâtiment principal de l’abbaye, des casernements construits au XIX ème siècle, ont été bombardés durant la dernière guerre.
Le centre du bâtiment, ayant été touché, est reconstruit dans un style moderne, moins coûteux ; il apporte toutefois une petite note regrettable à ce bel ensemble architectural !
5. L’époque actuelle :
Aujourd’hui, l’Abbaye aux Dames est essentiellement tournée vers la musique, avec :
· le célèbre festival de Saintes, dans le cadre prestigieux des « Centres culturels de rencontre »,
· le conservatoire de musique de la ville,
· des artistes en résidence,
· sans oublier la partie relative à l’exposition historique permanente du site.
Bibliographie :
Fascicule « Saintes…La Ville en Lumières –Fiches de découverte du patrimoine urbain », fiche « L’Abbaye aux dames».
Atelier du Patrimoine de Saintonge : La sculpture romane de Saintes et son rayonnement.

II – L’ARC DE GERMANICUS


A quelques centaines de mètres, au bout d’une ancienne voie romaine reliant la capitale des « Gaules » : Lyon à la cité antique de Médiolanum, sa caractéristique était sa présence sur un pont, comme en témoigne le dessin ci-dessous, de M. Pierre SAMSON,
Dessin de Pierre SAMSON – Fiche « L’Arc et le souvenir du vieux pont »
Ce pont fut détruit en 1843, et c’est à PROSPER MERIMEE, de passage à Saintes, que l’on doit la préservation de l’arc, puisqu’une fois démoli, il le fit reconstruire sur la terre ferme : place Bassompierre, où il est toujours. 
    Cette même fiche qui précise : 
« Le monument apparaît aujourd’hui comme un assemblage un peu hétéroclite. Une partie des matériaux antiques a été remplacée au XIX ème siècle, notamment dans les trois piédroits des arches et sur la corniche du couronnement. Les blocs de la dédicace ont quant à eux été replacés de manière hasardeuse. L’arc, long de15,9 m et large de 15,0 m, offre une grande sobriété dans son décor architectural… »
Bibliographie :
L. Maurin : Saintes Antique des origines à la fin du IV é siècle après J.C. Musée Archéologique et Société d’Archéologie et d’Histoire de la Charente –Maritime, Saintes, 1978.
L. Maurin et M Thauré : Saintes Antique. Imprimerie Nationale 1994.
Fascicule « Saintes…La Ville en Lumières – Fiches de découverte du patrimoine urbain », fiche « L’Arc et le Souvenir du vieux pont ».

III – LA CATHEDRALE SAINT PIERRE


Elle est ainsi décrite sur le site « Cathédrale St Pierre de Saintes » sur Wikipédia :
« L'un des éléments les plus remarquables de la cathédrale Saint-Pierre est son clocher-porche, lequel domine le paysage urbain de l'ancienne capitale saintongeaise. Dominant les toits de la ville de près de 58 mètres, il devait à l'origine supporter une flèche en pierre qui l'aurait fait culminer à 96 mètres. Demeuré inachevé à la suite des guerres de religion, il est couvert d'un dôme en cuivre lui conférant une silhouette atypique. Un escalier à vis torte datant du XVe siècle permet de rejoindre la plate forme sommitale. Le portail occidental est formé d'une ogive à quatre voussures sur lesquelles se déploient des représentations d'anges, d'apôtres et de figures de l'Ancien Testament. La nef de quatre travées a été sévèrement endommagée durant les guerres de religion. Reconstruite aux deux tiers de sa hauteur initiale dans la dernière partie du XVIe siècle, elle a perdu son triforium et ses voûtes à croisée d'ogives. Une charpente laissée apparente couvre l'ensemble depuis 1926. La nef est bordée de bas-côtés eux-mêmes cantonnés de chapelles latérales couvertes d'une voûte sexpartite. De larges baies à remplage flamboyant rappellent l'édifice du XVe siècle. »
Sans oublier de parler de l’orgue : « Installées sur une tribune dominant la nef, les grandes orgues ont été placées dans la cathédrale en 1626. Œuvre de l'organier Jehan OURRY, elles ont été reprises au XVIIIe siècle. Les dimensions du buffet sont de 3,34 m de hauteur sur 6,24 m de largeur et 1, 57 m de profondeur. Il se caractérise par un décor rocaille comprenant une statue du roi David jouant de la harpe. »
A l’extérieur, la fiche « La cathédrale Saint Pierre », précise que :
· « le chevet est marqué par de nombreux arrachements.
· Les parois latérales de la nef sont hérissées de contreforts à pinacle et d’arcs-boutants à deux volées qui, du fait de l’abaissement de cette nef, se dressent dans le vide ».
·
Bibliographie :
Site Wikipédia : « La cathédrale Saint Pierre ».
Fascicule « Saintes… »La Ville en Lumières – Fiches de découverte du patrimoine urbain - « La cathédrale Saint-Pierre ».

IV – L’AMPHITHEATRE :


1 - Une conception originale :
En ce qu’elle profite d’un vallon, creusé en ses flancs pour lui faire place. Le site a aussi été amélioré par le comblement du vallon à l’ouest, côté entrée actuelle du monument, avec deux avantages :
· Le premier, relatif à l’aménagement de la cavea (ensemble des gradins occupant le creux de l’amphithéâtre),
· Le second, à l’aménagement de la route menant à Bordeaux, actuelle rue LACURIE !

2 –Une structure mixte :

· La plus grande partie est pleine, les gradins s’appuyant sur le vallon,
· Seule la partie orientale est construite avec des murs d’appui formant une structure creuse.
Malheureusement, seules sont conservées l’arène et les fondations du monument !
Les superstructures ont disparu et seuls restent les quatre gradins inférieurs (partie sud-ouest) … Le premier rang, ou « podium », était réservé aux notables, puis plus l’on s’élevait plus la population était pauvre. C’est ainsi que l’on retrouve la trace de 14 longs escaliers menant directement au podium, alors que d’autres, plus courts, ne desservaient que les parties hautes de la cavea.
L’arène proprement dite est caractérisée par ses dimensions : soit une longueur de 66,5 m et une largeur de 39 m. Elle est aussi entourée par un mur en blocs de grand appareil, haut de 2m, et couronné d’une balustrade de pierre, dans laquelle étaient insérés les supports nécessaires à la pose d’un filet vertical de protection.
3 – Un art de bâtir :
« Les Romains ont ici employé la technique du blocage, soit un mélange de mortier, de chaux et de cailloux, pris entre deux parements de petits moellons cubiques …Il devait y avoir un décor, mais qui a entièrement disparu ». cf. fiche « L’amphithéâtre ».
4 –Les spectacles :
« Il était exclusivement conçu pour recevoir des spectacles sanglants, très prisés par la population et diffusés largement dans tout l’Empire. »
Ces jeux, très souvent mortels, opposaient :
· Soit des fauves entre eux,
· Soit des fauves et des hommes,
· Soit des gladiateurs,
· Ou mettaient en scène des chasses…
Ces spectacles étaient financés par de riches notables ou par l’Empereur lui-même.
Par sa conception, cet amphithéâtre est à rapprocher de ceux de Pompéi ou de Fréjus, et par ses dimensions de ceux de Bordeaux, Agen ou Périgueux.
Bibliographie :
Site Wikipédia : « L’amphithéâtre de Saintes »
Fascicule « Saintes…La Ville en Lumières – Fiches de découverte du patrimoine urbain », fiche « L’amphithéâtre de Saintes ».
L. Doreau, J.C. Golvin, L. Maurin: « L’amphithéâtre gallo romain de Sainte » - Editions du CNRS 1982 – Paris.

IV – L’EGLISE SAINT EUTROPE


1 - Pauvre Eutrope !
Les textes hagiographiques rapportent qu'il subit le martyre pour avoir converti la fille du gouverneur de la ville, Eustelle. Condamné à être lapidé, puis à avoir le crâne rompu à coups de hache, son corps aurait été enterré par des fidèles non loin de l'amphithéâtre. Toujours selon la tradition, il aurait été rejoint dans la mort par Eustelle, condamnée par son père à être décapitée.
Grégoire de Tours indique que les restes du saint auraient été retrouvés par hasard par des moines occupés à défricher un terrain proche de l'amphithéâtre. Reconnaissant la profonde entaille laissée sur le crâne par la hache du bourreau, ils auraient eu une vision du saint durant leur sommeil. Les restes auraient alors été authentifiés par l'évêque Palladius, qui les aurait fait transporter dans l'église Saint-Étienne aujourd'hui disparue, avant de faire élever une première basilique funéraire.
De fait, cette dernière semble attestée dans le courant du VIe siècle. Elle est sérieusement endommagée par les envahisseurs normands, qui la pillent au IXe siècle. Reconstruite assez sommairement, elle apparaît comme fort vétuste au début du XIe siècle.
Guy Geoffroi Guillaume, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers, confie le modeste sanctuaire à l'abbaye bénédictine de Cluny. Celle-ci, désireuse de promouvoir le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, entame le chantier d'une immense église de pèlerinage établie sur deux niveaux. Les travaux sont confiés à un architecte qui bien qu'à l'évidence expérimenté, demeure mal connu : « Benoît. »
C’est ainsi que cette église nouvelle va être bâtie sur un plan peu usité : avec un double niveau et deux églises :
· Une crypte : l’église basse,
· Surmontée d’un autre sanctuaire : l’église haute.
Elles seront consacrées en avril 1096 par le Pape URBAIN 2, qui célèbre une messe solennelle dans l’Eglise haute, et par l’Evêque de Saintes RAMNULPHE, qui officie sur l’autel de la crypte.
Le prieuré proche compte une vingtaine de moines, qui prennent en charge la célébration des offices et le pèlerinage jacquaire par la « Via Turonensis ».
D’autant que dans son guide du pèlerin, Aimery PICAUD indique que « les pèlerins doivent dévotement rendre visite au corps du bienheureux Eutrope, évêque et martyr ».
Ils visitent ainsi les deux églises, puisque si sa tête est dans le reliquaire de l’église haute, son corps, lui, est inhumé dans la crypte !
2 – L’Eglise haute :
Sources :
Site Wikipédia – « Eglise Saint EUTROPE. » :
Cette basilique possède un très grand parvis, qu’elle doit à la destruction de l’ancienne nef en 1803 : « Avant que ne soit abattue la nef, l'édifice originel mesurait 75 m de long (contre 42 m actuellement) pour 15, 60 m de largeur, La nef formait un triple vaisseau de quatre larges travées. Le vaisseau principal comportait une voûte en berceau brisé contrebutée par les voûtes en demi-berceau des collatéraux, principe éprouvé de l'architecture romane. La voûte de cette nef principale était soutenue par de puissants arcs doubleaux retombant sur des demi-colonnes engagées, selon un principe que l'on retrouve dans le chœur. L’ancienne nef constituait une construction unique en France de par son plan particulier. En effet, cette dernière, dont le sol avait été volontairement surbaissé, incluait une série d'escaliers permettant la circulation des pèlerins entre l'église haute et l'église basse.
L'accès à la nef depuis le parvis se faisait par une première volée de marches, donnant accès à une sorte de palier, de plain-pied avec le pavé des collatéraux. Une nouvelle série de marches, établies en fer à cheval, bordait ce palier et permettait l'accès à un terre-plein qui, formant une pente douce, se prolongeait par un escalier s'enfonçant sous le sol du transept, permettant un accès direct à l'église basse et au tombeau du saint. Parallèlement, le palier formé par les collatéraux se prolongeait par des escaliers qui, à l'inverse, donnaient sur l'église haute. Aujourd’hui, seul un pan de mur, percé d'une baie en plein cintre encadrée de colonnettes et conservant une colonne engagée pourvue d'un chapiteau assez fruste, témoigne de cette partie de l'édifice1.
L'actuelle façade néo-romane est une réalisation de l'architecte Prévôt. Elle date de 1831.La basilique est classée aux monuments historiques, et fait également partie de la liste des édifices inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1999.
3 – L’Eglise basse :
Sources :
Site Wikipédia – « Eglise Saint EUTROPE. » :
« La basilique funéraire - également appelée église basse ou crypte - est la partie la plus ancienne de l'édifice. Réalisée à partir de 1081 par le premier atelier ayant œuvré à la construction de l'église, elle comprend deux croisillons à absidioles orientées, un triple vaisseau comprenant quatre travées droites couvertes dans leur partie centrale d'une voûte d'arêtes surbaissée supportée par de puissants tores, ainsi qu'une abside intégrant un déambulatoire et une série de trois chapelles rayonnantes voûtées en cul-de-four. Des baies en plein cintre assurent un éclairage régulier du sanctuaire.
Quatre paires de piles massives, aux socles circulaires ou cruciformes, marquent la limite entre le vaisseau principal et les bas-côtés. Les sculptures des chapiteaux, ornés principalement de motifs végétaux et d'entrelacs d'inspiration antique, constituent l'un des ensembles remarquables du sanctuaire.
À l'entrée de l'église basse, un large bandeau composé de motifs floraux assez grossiers présente les caractéristiques de la sculpture mérovingienne. Il pourrait s'agir d'un élément de réemploi provenant de l'ancienne basilique construite au VIe siècle par l'évêque Palladius.
Les dimensions de l'église basse en font l'une des plus vastes cryptes romanes d'Europe : sa longueur totale est ainsi de 35 m de long pour une hauteur sous voûte de 5 m. Un escalier permettait autrefois d'accéder directement à l'église haute via une nef commune, disposition unique aujourd'hui rompue par la destruction de cette dernière en 1803. Une vaste campagne de restauration de l'église basse a été menée au début du XXe siècle.
Au centre de la crypte, le cénotaphe monolithe rappelle la mémoire du saint ».
Bibliographie :
Site Wikipédia : « L’église Saint Eutrope »
Fascicule « Saintes… La Ville en Lumières – Fiches de découverte du patrimoine urbain » : « L’Eglise Saint Eutrope ».

V – LE MUSEE DE L’ECHEVINAGE


Avant de reprendre l’autobus pour rentrer en Gironde, nous traversons le « Vieux Saintes », et pouvons admirer quelques jolies maisons anciennes. Puis nous sommes devant le bâtiment de l’Echevinage, ancré au cœur du centre historique de la ville, qui remonte au XVe siècle.
« Cette époque qui voit le retour à la paix civile après les ravages de la guerre de Cent Ans, est aussi celle de la confirmation par le roi Louis XI de la charte communale accordée en 1199 par la duchesse ALIENOR D'AQUITAINE. De ce premier édifice, seul témoigne la base octogonale du beffroi, dont les parties supérieures sont postérieures de près d'un siècle. Couronné d'un dôme à lanternon, il est achevé en 1587.
Le corps de bâtiment principal est repris au XVIIIe siècle. Il est précédé d'une cour pavée et d'un portail monumental orné d'une grille en fer forgé, formant un ensemble remarquable au cœur du centre piétonnier. Le portail, le beffroi, la façade, la toiture et la fontaine sont inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1939.
Bref historique :
Tout comme le musée du Présidial, le musée de l'Échevinage est l'héritier d'un premier musée des Beaux-Arts fondé en 1864 grâce au legs du comte Louis Nicolas LEMECIER. Les collections illustrant les courants picturaux du XIXe siècle sont aménagées dans l'ancienne maison de l'Échevinage en 1978, où elles sont encore exposées actuellement.
Œuvres exposées :
Le musée est plus particulièrement consacré aux différents courants picturaux en vogue au XIXe siècle : orientalisme, néo-classicisme, paysagisme, académisme, romantisme, régionalisme ou réalisme. Les écoles saintongeaise et bordelaise occupent une place prépondérante : le musée abrite ainsi plusieurs œuvres des peintres Louis Augustin Auguin ou Albert-Tibule Furcy de Lavault »
C’est d’ailleurs un tableau de Louis Augustin AUGUIN, offert à Léo DROUYN que le Conservateur a aimablement décroché pour nous en montrer la dédicace.
« Parmi les principaux tableaux exposés, citons le Marmiton portant ses rougets de Joseph Bail, Le Compliment, un jour de fête à l'école d'Henri Jules Jean Geoffroy, Bord de Charente près de Port Berteau de Gustave Courbet ou encore Paysage de Saintonge de Louis Augustin Auguin. »
Mais ce sont aussi de belles sculptures comme le « Buste de femme », d’Auguste Césinger, que l’on peut admirer.
Bibliographie :
Site Wikipédia : « Le Musée de l’Echevinage ».

VI – CONCLUSION


Une nouvelle fois, « Il a fait beau pour une sortie … (sur les traces de) …Léo Drouyn »…
Quant aux détails de la journée, j’espère que vous ne m’en voudrez pas d’avoir eu recours à de la documentation spécifique, en particulier pour le Musée…Mais je crois que ce genre de textes est surtout intéressant pour se souvenir des choses vues, et d’éviter les erreurs, que j’espère absentes de ce travail !
Et vivement la fin du mois pour nous retrouver sur les chemins de la « FETE A LEO »… avec des résumés plus succincts !
Jean-François PIEDRAFITA

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